Le nationalisme tue…
Leur nationalisme, c’est un « ordre » étriqué et fermé. Notre patrie c’est le monde.
On est entouré par des discours nationalistes depuis très/trop longtemps, mais il y a des périodes, notamment quand l’économie ou la puissance politique décline, où le nationalisme est mis en avant comme une « évidence » (la bourgeoisie en a besoin). Ceci aidé par les médias bourgeois, financés par les puissances économiques, étonnamment proche de pensées tyranniques. Quant aux médias publiques, ils suivent la ligne éditoriale posé par ces autres médias.
Hors le nationalisme tue. Il tue l’intelligence, il tue la solidarité, il tue l’esprit critique. Il tue aussi en vrai…
Le nationalisme fait dans l’interclassisme, dans l’idée que nous serions unis dans la nation, contre « les autres ». Pas de luttes économiques, politiques ou sociales en interne, car sinon on serait anti-nation, on serait contre l’unité, donc contre l’ordre, donc contre l’État. Par contre pas de soucis pour eux pour des conflits en externe avec d’autres nations que les prétendants nationalo-crates voudraient dominer avec l’aide des populations hystérisés.
Le nationalisme, qui est le remplacement (ou accompagnant) de dieu/roi par la nation, est une pensée absolutiste. Il n’est pas étonnant que les réactionnaires théistes/royalistes/monarchistes (et j’y inclus les léninistes) s’en soient emparés au cours du 19éme et 20éme siècle. Pas étonnant non plus que plus tard les gaucho bolcheviques et les droito-fascistes aient fait de même.
Est-il étonnant que les centro-libéraux l’utilisent également ? non, c’est leur rejeton. Lorsque l’économie vacille, ils ont besoin de cette aide idéologique nationaliste afin d’assurer « l’ordre, l’ordre, l’ordre ». Il sont prêts à continuer la violence institutionnelle sans frein.
Peut on penser les choses sans nation ? Oui et non. L’étymologie de nation, vient de « naître », donc si tu nais quelque-part sur terre, tu serais de ce quelque-part (dont les frontières ne sont que des décisions d’États). Il semblerait qu’il faille faire allégeance à ce quelque-part. Mais le tout est de savoir si tu es enfermé dans un quelque-part communautariste, identitaire, essentialiste, ou si tu es ouvert à ce quelque-part et d’ailleurs aussi en tant que terrien.
Par exemple, ce n’est pas la même chose de dire que je suis « français », ou « breton », ou « finistérien », ou « terrien ». Nous, anarchistes, sommes « terriens » avant d’être d’une communauté locale… Nous pouvons défendre la dignité d’une culture/communauté locale tout en étant critique vis à vis de parties nocives/naïves de cette culture/communauté, fut elle mythique.
Car il n’y a pas que le lieu de naissance qui a de l’importance, la question sociale est primordiale. Nous sommes effectivement en soutien des opprimés/exploités et non de celui des oppresseurs/exploiteurs. ça n’empêche pas une vue critique vis à vis autant des opprimés/exploités que des oppresseurs/exploiteurs. Car les propriétaires privatifs d’où qu’ils soient sont haïssables, tout comme l’acceptation de ces relations de domination par les opprimés/exploités.
L’abolition des classes et de la hiérarchie sociale est un préalable à un soutien inconditionnel. C’est ce que redoutent les nationalistes (tout comme les théistes ou capitalistes), que la population se divise sur la question sociale et prennent part à leur émancipation sociale.
Hors, de toute évidence, tout comme, on naît tous quelque-part, c’est un fait… on a aussi des besoins primordiaux (se nourrir, se loger, s’amuser, …) qui demandent une réponse sociale.
Par exemple, quand on a rien (ou peu) à manger, ce n’est pas la nation qui est la réponse à cette question sociale, c’est le « pourquoi d’autres ont à manger et moi pas », « pourquoi d’autres ont un travail, bien payé, et moi pas grand chose, alors que je réponds aussi à un besoin de production utile ». ça pose la question de la propriété privée source d’injustice sociale depuis quelques centaines d’années…
Les nationalistes, sous stéroïdes capitaliste, eux, individualiseront le problème et diront que face à la société du travail, chacun a sa chance, que quand on veut on peut, qu’il y aurait l’égalité des chances et que sinon il y a la charité… vaste escroquerie de cette société hiérarchiste ne voulant surtout pas que la vie soit vivable pour tout le monde, que seuls certains privilégiés puissent accéder à un confort exceptionnel, et que d’autres soient à l’inverse dans un inconfort exceptionnel.
Pour le moment, c’est la nation qui fait le ramassis de croyants utile au capitalisme, ça pourrait redevenir une entité divine dans certaines régions, et peut-être plus tard ce serait la nature ? Dans tout ce fatras spectaculaire, peu importe l’outil idéologique utilisé afin que la propriété privative du capitalisme reste sacralisé.
Nationalistes dehors !
Propriétaires privatifs dégagez !
PM