Onfray faux anarchiste, mais vrai réac
Autant ouvrir une comparaison ou une critique avec bon nombre de penseurs proches de l’Anarchisme, nous amènerait dans des débats de hautes volées de philosophie spéculative, de sociologie, d’économie ou d’anthropologie. Autant les inepties sur l’anarchisme d’Onfray ( comme sur bien d’autres sujets) ne mériteraient que moqueries, un peu comme un mec ivre hurlant dans un bar qui faire rire la 1er fois et à qui on lui dit de la fermer la 2ème car ses délires n’ont pas lieu d’être .
La méthode Onfray est simplissime : un truc me plaît donc cela doit représenter le Tout, je vais glaner à droite à gauche pour justifier quitte à déformer la réalité historique et les propos des individus (qui sont symboliques, sous-entendus ou à prendre au pied de la lettre selon ce qui m’arrange).
Exemple onfrayien :
j’aime le volley donc tous les sports de balles se résument au volley, et tous les autres trucs qui se nomment « sport » c’est pas vraiment du sport c’est souvent des méchants à l’esprit doctrinaire et dangereux…il y aurait un petit complot derrière que cela ne serait pas surprenant. Ainsi le tennis c’est bien mais c’est du sous-volley ce qu’avait bien compris Mirabeau au jeu de Paume… comme le rugby ou le foot que n’ont pas compris les pauvres ingénus, la grandeur d’un filet séparant les 2 camps pour éviter la violence nihiliste comme l’aurait fait remarqué NIETZSCHE. Et les autres ? La boxe ? La bagarre n’est pas du sport. L’alpinisme ? Trop différent ça ne peut pas être du sport ! L’aviron ? Oh que non, encore un sale coup des Anglais.
VOILA TOUT ONFRAY. Ne riez pas, notre philosophe prend juste un air grave sur des sujets moins connus, mais c’est cela.
Malheureusement pour nous, notre Michel national, pardon, nationaliste vient d’attraper une maladie en vogue, il y avait des signes depuis quelques années, mais comme toutes maladies psychiatriques c’est lorsqu’on devient un danger que la maladie est confirmée :
La PROUDHONOMANIE ! Nous en avions déjà discutés sous sa forme névrotique « Proudhon égale chambre à gaz égale les antisémites sont partout », Michel, lui l’a sous sa forme schizophrèno-fascistoide « Proudhon génie indépassable je vais vous apprendre l’anarchisme, mais j’aime l’État et le Capital quand même ».
Allons droit au but : Onfray n’a rien d’anarchiste dans ses idées. Il est ce que Makhno, à la suite de Bakounine, appelle : une soupape de sûreté du Capital, lui -comme d’autres- n’est là que pour faire revenir dans le giron du système dominant.
Avant de revenir aux dégueulis du Philosophe, rappelons une base, déjà dite mais qui sera redite jusqu’à saigner des cordes vocales s’il le faut.
L’Anarchisme est un socle commun, dont les aspirations traversent toute l’histoire de l’humanité, que ce soit à travers des combats contre les injustices, c’est à dire, pour l’Égalité sociale et économique, que ce soit des luttes contre les dominations, soumissions physiques et psychologiques/mentales, c’est à dire, pour la liberté individuelle et collective, que ce soit la liberté de pensée et la liberté d’agir/action. Bien que parfois plus orienté d’un coté ou l’autre, Égalité et Liberté fonctionnent de pair. Elles sous entendent « l’Entraide ».
Donc pour résumer l’Anarchisme s’oppose au principe d’Autorité.
Ce dernier s’incarne par :
- le pouvoir politique : l’État et ses sbires. D’où l’abstentionnisme
- le pouvoir économique : la propriété privée qui aboutit au Capitalisme et à diverses formes d’exploitation.
- le pouvoir sur le mental : les religions et toutes autres hiérarchies imposant ‘’vérités’’ et notions d’un ‘’Bien’’ indiscutable, transcendantal…
Pouvant revêtir des formes différentes au gré des périodes et des lieux, néanmoins le fond reste le même, l’Anarchisme est internationaliste.
Maintenant cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de divergences théoriques ou pratiques, et bien des sujets restent ouverts . La diversité sur des sujets annexes (culturels par exemple) ne dérange pas et évite les automates. Les discussions peuvent être nombreuses, comme le seront dans une société libertaire et égalitaire. Toutefois sur ces principes de « base » nommé plus haut : SOCLE COMMUN, il y a intransigeance. Sinon ce n’est pas l’Anarchisme, qu’ils se nomment comme ils veulent, inventent ou rafistolent ce qu’ils veulent, mais qu’ils ne viennent pas nuire en brouillant les mots, créant la confusion et le tout profitant à l’hégémonie des Dominants.
Ici cela ne servirait à rien de retracer toutes les définitions et approfondissements des mots et de l’histoire etc. Ce qu’il y a d’important est de savoir que l’Anarchisme en tant que mouvement révolutionnaire naît avec BAKOUNINE. Lors de la scission de la 1ere Internationale, les révolutionnaires Anti-autoritaires (avec Bakounine) face aux Autoritaires voulant une dictature (avec Marx). Le mot « anarchiste » sera choisis par Bakounine et les siens quelques temps après.
Et le Proudhon dans tout ça ?
Il se dit 1 fois ou 2 dans ses écrits « anarchiste », mais à aucun moment il ne revendique un anarchisme comme mouvement révolutionnaire du peuple. Cela ce sera Bakounine. Ce qui fait de Proudhon non pas le père de l’anarchisme mais un des prédécesseurs, certes de 1er importance , certes « anarchiste » dans le sens qu’il est grosso modo en accord avec le « socle commun » mais le mouvement date de Bakounine. D’ailleurs il y a eu un mouvement proudhonien. Ils ne se disaient pas anarchistes. Onfray serait honnête il aurait vu que le proudhonisme a existé et il repartirait de là. Partir de là, puisque le proudhonisme est très marqué de son temps, faire un néo-proudhonisme (je ne vois pas l’intérêt mais admettons par souci de cohérence) cela signifierait être révolutionnaire.
Onfray déteste les révolutionnaires anti-autoritaires. Il fait semblant d’ignorer 6 faits qui le discréditent et le rabaissent au rang des pires menteurs propagandistes des années 30.
1- Quand on déteste l’idée de révolution on ne choisis pas un penseur qui à écrit un livre nommé « confession d’un révolutionnaire » !
2- Il prétend que ce sont les proudhoniens qui s’opposaient à Marx, faux. Majoritaire dans la section française, ils rejoindront Bakounine. Mais il y a aussi des Fouriéristes, quelques Blanquistes, les Bakouninistes bien sur, ainsi que quelques tendances remontant à la révolution française ou en provenance d’Angleterre . Souvent d’ailleurs ils se disent ceci ou cela sans trop réfléchir, plus par affinités que par pensées profondes. CE QU’IL FAUT RETENIR, c’est qu’Onfray voulant un État est du coté de Marx, du coté Autoritaire et anti libertaire.
Pour faire un interlude cette remarque trouve encore bien plus de sens face à une raclure de bidet comme Besancenot et co, petit fasciste rouge, adepte de la secte du génocideur Trotsky.
Revenons à Michou :
3- Onfray divise, parce que cela l’arrange, entre un anarchisme positif qui serait français et un anarchisme « négatif », méchant violent qui serait germano-russe.
Sur le pseudo anarchisme français cocorico, donc négation de l’internationalisme au profit d’un pseudonationalisme, donc hors du socle commun, ce n’est pas de l’anarchisme. Encore une fois bien qu’important et intéressant, il n’y a pas que Proudhon en France ! Eugène VARLIN était Bakouniniste, et G LEFRANCAIS n’appréciait pas les écrit de Proudhon notamment l’idée du mutuellisme. Et Louise MICHEL ? Et l’immense Elisée RECLUS ? Bref faites un choix patriotique de vos antipatriotes… Sacré Michel…
Quant à cette méchante alliance anarchiste germano-russe, chère lectrice-cher lecteur, malgré tous mes efforts, je n’ai rien trouvé, pourquoi ces 2 pays plutôt que 2 autres ? Russe, ok, il hait Bakounine, Kropotkine et l’émancipation humaine qu’ils représentent. Mais germano ? L’Allemagne a eu des penseurs libertaires extrêmement intéressants et très singuliers, qui ont moins d’affinités avec les anars russes que les autres territoires européens. Surtout que des personnes comme Stirner sont assez à part, et que d’autre comme Landauer ou E Mushman ont leur originalité propre. Bref mystère
4- Sa phobie de la dialectique Bakouninienne et de la lutte des classes. Contrairement à ce qu’affirme Onfray, qui est de + en + un philosophe de buvettes, la dialectique chez Bakounine s’applique au champs social-historique pour comprendre, mais ce n’est pas l’alpha et l’oméga de toute l’existence comme chez Marx. Oui, cela vient de Hegel mais compris de manière Matérialiste et non Idéaliste (voir son livre Dieu et l’État). Il ne nie pas que la réalité est faite de matière, il faut utiliser la méthode scientifique pour comprendre ladite matière. Kropotkine d’ailleurs défendra comme méthode « le scepticisme scientifique » donc la méthode hypothético-déductive. C’est une Grande divergence entre les 2 grands noms de l’anarchisme. Ici on pourrait développer sur 10 pages, juste pour vous dire qu’il n’y a pas un lignage avec dogme figé dans un modèle hegelien totalisant comme le dit Onfray.Tout ça pour qu’un Onfray dise il n’y a pas de lutte des classes (sinon il y a dialectique), mais il y aura toujours un État, des riches , et des… classes !… Idem Bakounine se définit comme anti-rousseauiste, Onfray le met avec…
Incohérence, jmenfoutisme et ignorance : sûrement la future devise de la France avec Onfray
Pour finir sur ce sujet Bakounine était un fin connaisseur des philosophes allemands (Hegel, Fichte, Schelling, Feuerbach..), il savait que mettre le doigt dans certaines questions philosophiques, c ‘était rentrer dans des discussions interminables (bien qu’intéressantes, ou pas) et qui n’allaient pas faire avancer beaucoup la cause révolutionnaire dans la réalité. C’est pour cela qu’il note pour cerner le champs d’action que l’anarchisme est une philosophie sociale, c’est à dire qu’elle ne donne pas de réponse absolue à toutes les questions spéculatives possibles ou imaginables (unité ou multiplicité infini de l’Être ? Hein ? ).
Pour les férus de ce type de questions, on pourrait dire que si on prend 2 grands successeurs de Bakounine : Malatesta et Kropotkine, ils ont des idées sociales communes, quasi identiques. Mais la manière de les aborder sont différentes, en se basant sur les pré-socratiques. Le 1er remontrait à Héraclite et le second à Démocrite. Je vous laisse réfléchir là dessus, à vos copies vous avez 2h. J’ai bien peur que nous avons perdu Michel Onfray sur son propre terrain.
5- Il se veut Girondin. Les Girondins ce sont les bourgeois et ils finirent par gagner. Michel on t’en supplie, devient Girondins de Bordeaux, tu seras mieux en chantant dans un stade… Contrairement à ce qu’il croit , les Girondins n’étaient pas juste fédéraliste, ils étaient les défenseur des propriétaires, bourgeois plutôt que noble, reste grand propriétaire et inégalités sociales. Proudhon ne défend pas le même fédéralisme que les Girondins, ces derniers c’est le modèle fédéral des USA. La fédération proudhonienne est sans État. On retrouve d’ailleurs chez Proudhon dans son Système des contradictions économiques, en épigraphe destruam et aedificabo (détruire pour reconstruire). Le Fédéralisme de Proudhon fait parti intégrante du projet révolutionnaire destructeur après la victoire.
Onfray n’est pas un sanguinaire avide de pouvoir politique, ce sont ses idées qui sont dangereuses, et il ne le voit pas. Souverainiste comme un Robespierre bien qu’il le critique, il défend un nationalisme incohérent qui ne pourra ramener qu’un pouvoir ferme aux services du Capitalisme. Le capital n’est jamais libertaire , il ne reconnaît que la liberté du Marché, la liberté de la surconsommation, la liberté du tout marchandise, humains inclus, la liberté des Exploiteurs. L’ensemble de tout ça, oui ressemble du fascisme, à travers son nationalisme cherchant coûte que coûte à se donner un bon visage, une originalité alors qu’il ne fait que ressasser des façons de faire et des idées connues depuis longtemps dans les cercles d’extrême droite. Un jour nous avions dit que Mélenchon était Doriot, Onfray sera Déat.
6- Onfray le Nietzschéen ! Aucune envie de défendre ou de condamner Nietzsche ici. Écoutez Onfray en parler, puis allez écouter de vrais connaisseurs tel un Dorian Astor ou un Patrick Wotling. De vous même vous verrez que ce n’est pas de la même qualité, ce n’est pas le même niveau. Écoutez ou lisez, cela se passe d’arguments.
Sur ce je m’en vais lire « philosophes à vendre » de LUCIEN de Samosate.
Et vous laisse en compagnie d’un anarchiste FRANÇAIS Élisée Reclus (géographe anarchiste qui avait fait parti du mouvement proudhonien) :
Ainsi le révolutionnaire en sait assez pour se méfier à bon droit de tout pouvoir déjà constitué ou seulement en germe. Il en sait également assez pour se méfier des mots plus ou moins grandioses qu’on a pu lui enseigner et qui d’ordinaire cachent un redoutable piège. On lui parle de « patriotisme », mais il commence à savoir que ce mot représente pour le naïf une duperie pure ; il apprend mieux de jour en jour que le patriotisme se prêche pour servir l’ensemble des intérêts et des privilèges de la classe dirigeante et qu’il doit engendrer, au profit de cette classe, la haine de frontière à frontière entre tous les faibles et les déshérités. On lui parle aussi d’ordre et de paix sociale. Sans doute, la paix sociale est un grand idéal à réaliser, à Une condition pourtant : que cette paix soit celle de la vie et non celle du tombeau ; qu’elle soit l’effet non de la domination indiscutée des uns et de l’asservissement sans espoir des autres, mais de la bonne et franche égalité entre compagnons. Voilà ce que sait l’anarchiste sans avoir passé par les Universités ; de raisonnement aussi bien que d’instinct il sait que toute évolution doit se compléter par une révolution, et il se tient toujours prêt pour le changement.
E RECLUS, Évolution et Révolution
T,

One thought on “Onfray faux anarchiste, mais vrai réac”
C’est exactement ça pour le Onfray ! Il pense qu’un truc qu’il a envi que ce soit vrai alors il le rabbache.
Je vous déconseille d’aller voir les propos de ce gars sur une vidéo sur musk dans leur FP. Il raconte n’importe quoi sur les libertariens (les définissant d’anti-Etatistes, hors ils sont hyper étatistes il n’y a qu’à voir tous ceux qui sont au pouvoir actuellement). Même si je ne suis pas fans de stirner, il énonce aussi que Stirner aurait écrit dans son ouvrage principal qu’il a le droit violer sa soeur. Du n’importe quoi !
Il est ridicule et dangereux comme vous le dites !