les racistes et les xénophobes dans tous leurs États
Les racistes et les xénophobes se montrent de plus en plus dans les médias et par effet, une partie de la société absorbe ce poison des puissants, voulant jouer avec nos existences. Depuis de nombreuses années des actions et attentats racistes ou xénophobes sont réalisés ou déjoués. Dernièrement, un de leurs partisans a exécuté un plan de massacre à la mitraillette contre des populations visés par certains médias et politiciens racistes et xénophobes. Résultat, un mort et de nombreux blessés. On fait un point ici sur le problème du racisme et de la xénophobie au sein de nos sociétés, ainsi que les moyens qu’on se choisit pour lutter contre.
Ce qu’on appelle racisme aujourd’hui regroupe plusieurs formes distinctes :
- Ceux qui voient plutôt un caractère différentiel de races biologique incompatible entre elles. Ce sera nommé racisme dans le sens premier du terme.
- Ceux qui voient plutôt un caractère différentiel de cultures/ethnies incompatibles entre elles. Ce sera nommé xénophobie.
- Ceux (des sociologues) qui voient plutôt un caractère différentiel dans le traitement judiciaire, policier, civil, par le secteur public ou le secteur privé selon la couleur de peau, l’origine, le nom, et qui considèrent cela de systémique. Ce sera nommé ‘discrimination systémique ‘ ou ‘racisme systémique ‘. Une xénophobie interne à un territoire. Ça veut se reposer sur le droit dans un État. C’est une approche dans des logiques intersectionnelles.
On sait bien, que le racisme est une spécialité de l’extrême-droite aidé par des droites et parfois des gauches… Parmi la gauche, il y a une volonté de plus en plus présente depuis moins d’une dizaine d’années de limiter la question du racisme au ‘racisme systémique’. Ceci pour suivre un anti-racisme politique, nommé anti-racisme systémique.
Pourquoi faire les distinctions entre ces diverses formes discriminatoires ? Car le problème est d’utiliser un terme pour un autre, et certains courants politiques de droite ou de gauche aiment à créer de la confusion dans une guerre de pouvoir et d’influence qui ne dit pas son nom. La confusion ne sert pas la cause anti-raciste, ça dessert ceux et celles qui veulent de la clarté. Comme disait Camus, « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde ».
Partons déjà d’un élément indéniable de base : il n’existe pas en biologie de ‘races’ humaines, il existe une ‘race humaine’ ou une ‘espèce humaine’. Donc que des personnes utilisent la terminologie de ‘races’ pour les humains est un problème.
Autre point, les cultures ou les ethnies ne sont pas des races. Il faut donc bien différencier les partisans du différentialisme biologique (qui catégorise en races) et les partisans du différentialisme culturel ou Ethnique (qui catégorise en cultures ou en ethnies). D’ailleurs, même si certains sont uniquement xénophobes et d’autres uniquement racistes, il y en a qui sont autant racistes que xénophobes. Il est donc important de différencier ces deux concepts.
Quant aux cultures ou ethnies, ce sont des concepts divers, variables, non rigides, qui n’ont pas d’essence éternelle, traditionnelle et infinie, c’est basé sur une histoire ou une géographie relative et qui change, évolue ou peut changer sous divers effets de l’histoire, parfois en peu de temps humain. Donc l’essentialisation de cultures ou d’ethnies par certains est un problème aussi important que l’usage des ‘races’.
Mais il faut préciser que certaines de ces personnes racistes ou xénophobes peuvent être suprémacistes (catégoriser des races/ethnies/cultures inférieures ou supérieures), tandis que d’autres seront isolationnistes (une race/ethnie/culture doit rester dans son territoire – nation, région, lopin, etc -). Mais ceci est un détail. Les uns et les autres s’entendent souvent très bien.
Mais dernier point, on peut définir une personne de par sa couleur de peau (blanc, noir, rouge, gris, … ou autres caractères biologiques ) ou de par sa culture ou de par des traits ethnique réels ou supposés de manière descriptive, sans que ce ne soit ‘raciste, xénophobe ou discriminatoire’. Des mots permettent en effet de décrire ou de discriminer.
D’un point de vue conservateur essentialiste et moraliste, la critique de cultures ou d’ethnies est mal vu quand il s’agit d’eux ; tous les conservateurs s’entendent là dessus ; chez eux, ça énonce la « cancel culture » pour leur propre culture en « danger ». Mais étonnamment leur « cancel culture » ne les dérange pas quand il s’agit de celles des autres…
D’un point de vue révolutionnaire libertaire, si des cultures ou des ethnies ont des pratiques inacceptable (circoncision, excision, patriarcat, mariages forcés, salariat, esclavage, servage, salariat, viol …), c’est tout à fait critiquable, l’émancipation individuelle et sociale vis à vis de traditions ou de mythes obsolètes oppresseurs est une nécessité pour ne pas laisser perdurer des violences symboliques et réelles dans les sociétés.
L’anti-racisme systémique qui se veut une analyse sociologique du racisme, intègre des notions de couleurs de peau ou d’ethnies et cela au sein de l’État. Ça ne se veut pas un anti-racisme universaliste, rejetant toutes les formes de racisme. Non, leur objet est seulement le racisme qui serait systémique, c’est en quelque sorte une sociologie pour l’État et non une sociologie sociale.
82% de ces études sociologiques sont étudiées aux États-unis et seuls 18% de ces études sont faites dans le reste du monde (dont une grande partie est en Europe). Chaque étude sociologique a des critères relatifs au pays, qui parfois sont influencés par des logiques états-uniennes. L’intégration à des logiques d’État est évidente. On comprend pourquoi cette sociologie est tellement référencé par les étatistes de gauche.
Comme le ‘racisme systémique’, le racialisme, défendu par des militants indigénistes, terme qui définit (comme les xénophobes et racistes) de manière essentialiste les supposées races humaines ou avec une culture / ethnie spécifique, il y aurait la question des couleurs des peaux, avec les blancs, les noirs, puis des termes flous et culturels/cultuels comme les arabes, les juifs, et d’autres catégories définies selon la géographie (les rouges, les latinos, les blancs aux usa par exemple).
Et pour les racialistes, ces catégories raciales ou de peuples auraient des signes distinctifs pour eux. En France par exemple, les blancs seraient des ‘colons’, les noirs et les arabes des ‘victimes’. Bon, déjà ça utilise des catégories essentialistes qui sentent le racisme et la xénophobie… et ça refait l’histoire avec des concepts importés d’universitaires états-uniens. d’ailleurs l’extrême-droite utilisent aussi ces mots en inversant les victimes et les colons (il n’y a qu’à lire les propos de ‘grand remplacement’, des partisans de la ‘remigration’, de ceux du terroriste tueur de trappes, …). D’ailleurs les causes du colonialisme en général, que sont le capitalisme, le théisme, le nationalisme ne sont jamais évoqués que pour critiquer leurs adversaires, le leur ne les gène pas.
Qu’est ce qui est gênant dans cette sociologie systémique ? Ce n’est pas le côté analytique ou descriptif (existant déjà par ailleurs dans d’autres écrits) de ce qui peut se passer de lamentable dans les sociétés hiérarchiques, non. Mais par contre cet « anti-racisme systémique » a un concept, une méthodologie et des critères flous, ça ne délimite pas ce qui est cause et ce qui est effet, ça essentialise ce qu’il est censé normalement éviter, et ça ne se situe pas dans le social mais dans le politique, c’est l’entretien d’une sorte de reproduction de l’existant, en voulant faire dans un pluralisme d’égalité de droit identitaire et communautaire d’État et jamais évidemment de lutter pour l’égalité sociale (donc l’abolition des classes). En gros, la continuation des sociétés hiérarchiques dans une apparence d’égalité donné par un État, sans remise en cause des fondements sociaux d’une telle société.
Ça devrait être un problème pour des gens se définissant de ‘gauche’ (en théorie au minimum normalement socialiste, donc une volonté de relation sociale égalitaire qui prime sur le reste), mais on sait que les gauches, comme les autres politiques hiérarchistes, ont des appétits politique/étatique de pouvoir, tellement peu socialiste (si ce n’est dans les prétentions). Donc l’utilisation d’une telle sociologie par des politiciens est une évidente nécessité pour se porter au pouvoir d’un État.
A une époque, les classes sociales ont étés utilisées dans ces mêmes logiques par des politiciens de gauche. L’objectif n’était plus l’abolition des classes sociales, mais la mise en avant d’une catégorie sociale, et le rejet de l’autre, à des fins politiques. Toute la sociologie marxiste et léniniste avait comme projet de justifier a vitam æternam des classes sociales antagonistes dont leur parti politique était le lien nécessaire absolu pour arriver à leurs fins (Lire « le socialisme des intellectuels » de Makhaïski).
Que ce soit par la dictature ou par le rapport de force au sein de la société libérale. Là, ce n’est plus du classisme, qu’il s’agit de faire perdurer de manière antagonique, mais les questions de racisme ou de xénophobie, en lien au colonialisme, à l’impérialisme. Hors d’anciens colonisés ont des pratiques de racisme ou de xénophobie pas plus enviables que leurs prédécesseurs.
Tout comme on l’a vu par l’omniprésence du léninisme au sein des classes prolétaires, la perpétuation du classisme et du statu quo de classe est devenu globalement accepté partout, le désir révolutionnaire d’abolir les classes sociales, tout comme abolir le racisme ou la xénophobie n’est plus présent chez ces groupements là.
Cette posture léniniste pleine de mépris et de violence se croyant intelligente ne mène pas à des perspectives émancipatrices, au contraire elles nous entraînent dans des chemins boueux et sinistres d’une morale d’État.
Quand on voit un sociologue énonçant qu’il n’existe pas de racisme anti-blancs (terme qu’affectionne l’extrême-droite se disant « blanche ») en sociologie, on entend bien que l’important n’est pas la couleur racisée de la personne attaqué (sinon il y aurait racisme anti noir, anti jaune, anti ceci ou anti cela), mais l’acte de racisme en tant que tel. Certes.
Néanmoins, dans des études sur ce sujet, ça définit pourtant les couleurs de peau ou l’origine des étudiés, alors qu’il ne s’agit toujours que du racisme. C’est en cela que le racisme systémique qui se dit sociologique est un problème lorsqu’il s’agit de parler de réalité.
Et on sait tous, au moins ceux qui vivent dans des « zones », où la haine (mais pas que, heureusement !) est entretenue, qu’il existe également du racisme ou de la xénophobie envers les « blancs », les « jaunes », les « juifs », les « noirs », les « arabes », les tziganes, les « entre-deux »… et que ça concerne tout le monde. Même si certains communautaristes / identitaristes aiment à se croire les seules victimes de cette xénophobie ou de ce racisme. Et que la statistique ou l’étude sociologique ne règle pas la question sociale.
Donc dire que ça n’existe pas en sociologie, même si ça existe par ailleurs, c’est un mépris pour ceux et celles qui subissent du racisme ou de la xénophobie et qui se taisent pour ne pas alimenter la bête. La réalité est que le racisme ou la xénophobie sont universels et qu’il doit se combattre de manière universelle et non de manière soit disant systémique. Le système s’en fout. La société par contre ne s’en fout pas du racisme ni de la xénophobie et veut l’annihiler. Mais des politiciens identitaires ou communautaristes veillent et font ce qu’il faut pour perpétuer cette haine afin de récupérer les fruits de cette haine, donc méfions nous de ces bonimenteurs.
C’est le même fossé que les léninistes ont créés dans le mouvement des travailleurs, ils créent maintenant ce fossé avec la question du racisme et de la xénophobie, tout cela pour se garder une place d’intellectuel de gauche au service de l’État, des médias, dans les universités, dans les gouvernements ou ailleurs.
On doit rejeter le racisme universellement et non défendre une pseudo sociologie sur le racisme dit systémique dont on voit des limites tranchées lorsqu’il s’agit d’émancipation sociale.
PM