Les anarchistes de droite, une fantaisie de bourgeois.
Ce que les bourgeois appellent « anarchisme de droite » n’est pas une doctrine, c’est une fantaisie, un costume. Un mot pour faire propre. Un label pour faire passer l’exploitation pour une « liberté ».
Ils disent qu' »Il existe un anarchisme de droite. » Comme si l’anarchie pouvait être un décor, un slogan de vitrine, un parfum qu’on vaporise sur le même vieux mécanisme du capitalisme qui commande, et dont la hiérarchie encadre, et dans lequel les travailleurs subissent l’exploitation.
Eh bien non.
L’anarchie, c’est le refus de la domination et non une « version » convenable de la domination avec une moustache et une cravate.
On pourrait s’arrêter là, mais prenons des exemples… absurdes, justement, parce que le système aime tellement les explications sérieuses, avec des gens dit sérieux comme eux qui sont des caricatures de penseurs qui nous amène à voir enfin la fraude. Quand la réalité contredit le mot, c’est ça le plus drôle …
Le chercheur ben little sur https://www.youtube.com/watch?v=uspauSGafG0 dit ceci en parlant des acteurs de la big tech, du style Musk ou Thiel :
« le libertarianisme, c’est en fait une forme d’anarchisme de droite. En quelque sorte il prône toujours un État minimaliste. dans le libertarianisme, l’accent est beaucoup plus mis sur l’individu et sa liberté de faire ce qu’il veut sans restrictions gouvernementales. Mais ce qu’il faut retenir du libertarianisme, c’est qu’il ne vise généralement pas et c’est particulièrement vrai si l’on pense à quelqu’un comme Thiel, à se débarrasser complètement de l’État. Ils apprécient beaucoup des institutions comme l’armée et ils ne veulent pas que tout le monde soit libre. »
On voit bien la culture états-unienne prononcée du chercheur, ne se posant plus de question sur les mots employés, la doxa règne. ça fait dans l’amalgame conceptuel, assimilant le libertarianisme à « une forme d’anarchisme de droite ». Comme si droite ou gauche avait un sens dans l’anarchisme, et que l’une ou l’autre des latéralités avait une préférence pour des anarchistes. Anarchiste de gauche ou anarchiste de droite, c’est leur vision de ce que devrait être l’anarchisme selon leur ordre… le ridicule ne tue pas, mais ça créé un objectif de confusion évident dont le but est de neutraliser des pensées/pratiques révolutionnaires anarchiste.
Leur idée prend une partie des revendications libertariennes (réduction de l’État, liberté individuelle, critique du gouvernement) et ça les traite comme si elles suffisaient à définir une identité anarchiste. Or, l’anarchisme ne se caractérise pas par le « moins d’État » comme le font les libéraux économiques (termes qui pourraient suffire à définir ces dits libertariens), mais par le pas d’État du tout. L’anarchisme est une théorie politique complète centrée sur le rejet de la domination (l’État comme structure de contrainte, mais aussi, les hiérarchies sociales et économiques, telles que le theisme/nationalisme et le capitalisme).
La politilogue asma mhalla sur https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i24302457/elon-musk-anarchiste-de-droite énonce un des acteurs de la big tech ainsi :
« C’est le joker réellement de batman, il y a un côté agent du chaos, il y a un côté comique tragique, c’est un anarchiste de droite, il nargue le système, le système dont il voit lui les failles, dont il voit lui la faiblesse, dont il joue, qu’il exploite, et c’est comme si il était en train de dire ‘mais à quel moment ils vont se réveiller ? à quel moment ils vont venir me rattraper ?’, il a un côté presque suicidaire, on va au bout du voyage, on va au bout du risque, on va au bout de l’histoire, quitte à tout perdre, il a ce côté là. »
Ça ressemble à une argumentation par atmosphère enchaînant « batman », « agent du chaos », « comique tragique », « anarchiste de droite », « nargue le système », « presque suicidaire », « au bout du risque », etc. C’est une accumulation qui crée une impression de profondeur, mais sans critères ni preuves internes. C’est du vent comme savent si bien faire les agents polytechniciens et de science po lorsqu’ils vont dans les médias. Hors ce patron milliardaire veut juste privatiser le système à son intérêt, les ouvriers ou employés qu’il exploite dans ses entreprises ne sont pas milliardaires, donc il ne nargue pas le système, il le développe et veut l’étendre jusqu’à nos neurones (neuralink). Ce n’est pas un agent du chaos, il organise avec ses amis milliardaires un système totalitaire capitaliste plus performant, il n’est pas suicidaire, il prépare une fuite possible des milliardaires dans l’espace en cas de soucis liés au capitalisme qu’ils veulent accelerer. Un salut nazi plein d’émotion est-il tragique ou comique ? Voilà ce que serait le « grand anarchisme », la liberté pour lui et l’obéissance pour les autres. On appelle ça autrement dans la vraie vie, le patronat, l’autoritarisme, la tyrannie. l’État quand ça leur sert, l’absence d’État quand ça les arrange. On n’est pas dans l’anarchie. On est dans l’opportunisme.
Parce que ce que ces bourgeois défendent, ce n’est clairement pas « l’anarchie », c’est :
- la propriété comme autorité,
- l’argent comme souverain,
- le patron comme arbitre,
- l’entreprise comme mini-État.
Mais on a aussi une autre version plus ancienne de l’anarchisme de droite, d’ailleurs qui rejoint en partie celle énoncé plus avant. Celle définie par certains intellectuels français, et qui désignent (voir leur Wikipédia !) Micberth ou Céline et d’autres personnes du milieu artistique comme tel. Il s’agit de définir des anti-conformistes, du style individualiste barresien, anti-matérialistes, moralistes, anti parlementaires. Des personnages d’extrême-droite ou proches idéologiquement, que des bourgeois veulent assimiler à l’anarchisme, mais c’est leur petitesse d’esprit, et un intérêt publicitaire, qui les contraint à utiliser des mots qu’ils n’ont aucune envie de comprendre. Faut il rappeler tous les liens que ces personnages ont entretenus avec des groupements d’extreme-droite ? Ces groupements d’extreme-droite dont on sait que les anarchistes sont pour eux à éliminer.
Prenons par exemple le souverainiste Michel Onfray qui depuis tellement d’années s’est amusé à manger à tous les râteliers en défendant de Gaulle (coup d’État de la 5e république) par ci, Blanqui (partisans des coups d’États) par là, puis Proudhon, jouant avec des idées qu’il ne défend pas. Faisant la morale bourgeoise girondine tout en essayant de se mettre un costume proudhonien, mais aussi défendant le NPA, s’accoquinant avec Sarkozy, et dernièrement Zemmour, ayant une émission sur CNEWS (une chaîne de télévision défendant des idées réactionnaires, voir pire) et toujours un fervent défenseur de l’élection souverainiste… Dernièrement il a même été invité sur le porte avion nucléaire pour en faire de la pub (l’armée a besoin de préparer la future guerre capitalisto-étatique) dans le journal hors série du JDD… il fera une revue nommé « front populaire » invitant de nombreux auteurs d’extrême-droite dedans. Il aura des propos jugés racistes, autoritaires, etc … Mais ce monsieur à qui les médias donnent une place d’intellectuel (car ça correspond à leurs idées) peut raconter tellement de choses, qu’on ne nommera pas « conneries » (mais très proche), qu’il lui arrive de définir à lui tout seul ce qu’est l’anarchisme, donc lui serait d’un anarchisme de gauche, mais proudhonien – bon, de gauche ça ne lui pose pas de problème, c’est un mot creux, les bourgeois aiment la gauche – mais ensuite il ramène sa fraise de bourgeois de gauche et énonce comme quoi les libertariens seraient des « anarchistes de droite » !!? Encore une chose qu’il ne maîtrise pas… D’ailleurs à force de jouer avec des idées qu’il ne maîtrise pas, à un moment donné les autres bourgeois le définiront d' »anarchiste de droite » et il ne pourra rien y faire c’est une étiquette pour y mettre ceux qui sont comme lui et d’ailleurs ça pourrait lui plaire.
On peut dire que les bourgeois s’amusent bien avec les mots et que les ridicules sont bien payés.
PM