2 impasses : le Terrorisme révolutionnaire et le Pacifisme bêlant (1)

2 impasses : le Terrorisme révolutionnaire et le Pacifisme bêlant (1)

Il est notoire, dans notre société où les idées vont à l’emporte-pièces, d’assimiler « anarchiste » avec « terrorisme » . Quand ce n’est pas le cas les médias font de l’anarchiste un doux rêveur, pacifiste au cœur fragile et larmoyant.

Nous assistons dans ces 2 cas, à la même stratégie utilisé par les staliniens, qui ayant peur de l’émancipation sociale prôné par les anarchistes russes (de différents courants), ont, dans leur propagande utilisé une image risible psychologiquement atteint pour les décrédibiliser, ou si cela ne marchait pas les représentaient en assassins sanguinaires. Propagande qui à porté ces fruits liberticides, puisque, à l’heure actuelle ce sont toujours des dérivés de celle-ci qui sont employés.

Le mouvement anarchiste loin des clichés portent en son sein des révoltes, des révolutions, des revendications économiques, ainsi que des constructions sociales ayant une base égalitaire et libertaire. Combien de mouvements émancipateurs ont pour actions et pour objectifs des idées anarchistes ? De la commune de Paris, de Kronstadt, de diverses collectivisations jusqu’au différentes révoltes face aux dictatures ( de gauche ou de droite) au XXe S. Les anarchistes, souvent par le biais de l’anarchosyndicalisme mais pas forcément ont également fait trembler et renverser des Pouvoirs, puis innovés dans la gestion par la base d’une société plus juste, plus humaine. Que ce soit l’exemple de la Révolution espagnole, de la commune de Basse Californie, de l’Ukraine libertaire ou encore des exemples d’Amérique du Sud. Les différents gouvernements du plus modéré au plus totalitaire ont collaborés ensemble pour enrayer les aspirations libertaires des masses. Il n’y a pas de fin de l’Histoire, seul notre raisonnement et nos actes à venir feront pencher la balance pour en finir avec l’autoritarisme.

le terrorisme révolutionnaire

Mais il ne faut pas se leurrer, il y a bien eu des actes terroristes, de nos jours, encore on peut entendre une infime minorité, avec ou sans conscience de l’histoire, imaginer que cela aurait une efficacité, certes sans aucun doute ce sont des propos tenus sous le coup de la colère face aux injustices. Mais comme quoi, il y a un reste de Ravachol dans l’imaginaire collectif quand bien même l’époque à changée. En dehors des envolées satiriques où les propos peuvent se comprendre, il y a aussi l’idée de ce qui par le passé se nommait la propagande par le fait.

Cette idée est que le peuple se dirait « à mais oui si on tuait par le feu tous les méchants ». C’est le niveau zéro de la conscience de ce qu’est une révolution. Le passé prouve que non, cela ne marche pas comme ça. Un bourgeois assassiné n’a jamais fait peur à la société bourgeoise et encore moins à son modèle économique.

Même Kropotkine en est revenu en concluant:

« Un édifice basé sur des siècles d’histoire ne se détruit pas avec quelques kilos d’explosifs. ».

Bien au contraire le terrorisme ne montre pas l’exemple, elle écarte le peuple de la révolte. Pour la personne lambda entre : l’autorité de l’État qu’elle connaît et voit depuis sa naissance, en général elle ne soupçonne pas qu’un autre monde est possible, et une bande obscure qui ont des méthodes de mafias, le choix sera vite fait. Ce n’est pas avec des assassinats au coin des bois que nous ferons renaître la conscience révolutionnaire chez la majorité opprimée.

Notez que ceci est une question de stratégie et non de morale sentimentaliste.

Nous pouvons défendre l’insurrection, qui par définition peut être violente , mais qui sous entend un nombre important de révoltés et refuser catégoriquement que quelques individus ne sachant pas par quel bout prendre le problème s’auto-désignent bras armée. Notons également que lorsque des gens s’organisent en « commando » en élaborant cela comme leur unique stratégie, il est évident qu’ils ont perdu d’avance face aux « commandos» de la police et de l’armée qui eux possèdent un entraînement et une pratique que l’improvisation des 1er n’aura jamais. Et quand bien même, tel l’hydre de la mythologie, le Capital remplacera très vite la tête abattue, il faut pour continuer la comparaison antique, brûler la base de la tête pour qu’elle ne repousse pas c’est à dire détruire le système économique sur lequel elle repose. L’extrait de Bakounine résume assez bien :

« C’est au nom de l’égalité que la bourgeoisie a jadis renversé, massacré la noblesse.

C’est au nom de l’égalité que nous demandons aujourd’hui soit la mort violente, soit le suicide volontaire de la bourgeoisie, avec cette différence que moins sanguinaires que ne l’ont été les bourgeois, nous voulons massacrer non les hommes, mais les positions et les choses. Si les bourgeois se résignent et laissent faire, on ne touchera pas à un seul de leurs cheveux. Mais tant pis pour eux, si, oubliant la prudence et sacrifiant leurs intérêts individuels aux intérêts collectifs de leur classe condamnée à mourir, ils se mettent en travers de la justice à la fois historique et populaire, pour sauver une position qui bientôt ne sera plus tenable. »

Ce passage nous montre que si violence il doit y avoir, c’est avant tout le contexte qui la détermine. Elle est de l’ordre de la contre attaque.

L’anarchiste italien Malatesta a souvent été considéré comme étant contradictoire sur le rôle de la violence, c’est faux, il a condamné la Terreur révolutionnaire et le terrorisme, l’un étend l’opposé dans sa finalité à l’anarchisme l’autre étant à l’opposé d’une efficacité révolutionnaire visant la paix et la non-violence.

Mais lucide il savait que le capitalisme ne se laisse pas faire, que les roses et les pâquerettes ne l’inquiètent pas, que se sera les bras armée du capital et de l’État qui créent la violence en vue de sauvegarder les privilèges hiérarchiques et économiques, ainsi les révolutionnaires sont dans un rapport de force, et donc il y a une part défensive, qui sera à prendre en compte vis à vis de l’oppression subie par le mouvement. Que l’État tout démocratique qu’il se prétend peut déclencher un massacre pour maintenir ses intérêts.

L’anarchisme a parmi ces fondamentaux la liberté individuelle ET collective ; et ce n’est pas à quelques individus de décider de la répression à subir, dont parmi les victimes il y a d’autres individus qui n’ont rien demandés au petit groupe. Ou alors il ne le font pas au nom de l’anarchisme et de là après c’est leur affaire. Car il est incohérent d’envoyer se faire foutre l’idée de solidarité dû à un minimum d’organisation ( idée collective) pour ensuite demander cette solidarité quand cela tourne au vinaigre.

En général, et ici les propos de Malatesta sont clairvoyant, ceux qui veulent la propagande par le fait lorsqu’il y a une révolution finissent souvent par rejoindre les camps les plus totalitaires et tyranniques à l’opposé de leurs envies initiales ; ce n’est pas si étonnant ; refusant ou ne voulant pas voir les choses de manières beaucoup plus économiques et sociales que la situation l’exige, la complexité leur échappent. Dans un cadre d’une révolution entamée ou arrivant, ils se retrouvent perdu vis à vis de ce champs théorique ( éco et sociale) ainsi, ils vont suivre un camp qui leur donnera réponses, ordre et missions à effectuer ( et aussi les connaissances manquantes pour les missions : technique, militaire etc).

Nous rejoignons ici les mises en garde ( tiré de 2 textes différents) toujours de Malatesta qui à connu la période de la propagande par le fait :

« Nous comprenons que cela puisse arriver, dans la fièvre de la bataille, chez des natures généreuses mais manquant de préparation morale -fort difficile à acquérir actuellement- qui peuvent perdre de vue le but à atteindre et prennent la violence comme une fin en soi et se laissent entraîner à des actes sauvages. »

L’idée centrale de l’anarchisme est l’élimination de la violence dans la vie sociale, c’est l’organisation des rapports sociaux fondée sur la libre volonté de tous et de chacun, sans intervention du gendarme,,,La violence n’est justifiable que lorsqu’elle sert à se défendre soi-même ou d’autres de la violence infligée.

et pour conclure l’anarchiste italien disait:

Le grand moyen de défense de la révolution reste toujours d’enlever aux bourgeois les moyens économiques de la domination, et d’intéresser à la victoire toute la grande masse de la population.

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Si, pour vaincre, on devait élever des potences sur les places publiques, je préférerais être battu.

 

Torcy

 

Une réaction au sujet de « 2 impasses : le Terrorisme révolutionnaire et le Pacifisme bêlant (1) »

  1. Il est clair que les bourgeois de gauche ou de droite ont la même approche des anarchistes. mentir, créer des ragots/rumeurs à leur sujet afin d’empêcher que des personnes susceptibles de s’y intéresser s’y intéressent. Surtout ne rien dire concernant leurs actes créatifs d’antan ou actuels.
    oui l’avant gardisme est une pratique qui a une logique autoritaire qui tend à se substituer aux personne concernées. Par contre pour la propagande par le fait, pas sûr qu’on puisse le résumer juste à ces périodes troubles (dont on sait que les flics étaient derrière à pousser), on pourrait dire que ce qu’ont fait les « Makhnovistes », les « Magonistes », les anarchistes syndicalistes (ou non) de Barcelone (ou ailleurs en Espagne) en 36, que c’était de la propagande par le fait qui ont ouverts la voie à une libération de zones géographiques. On pourrait dire que ce n’est que des faits insurrectionnels, hors ils ont propagés l’idée anarchiste en étant dans des faits concrets d’actions exemplaires de libération… On peut nommer cela propagande par le fait, mais cela ne peut réellement exister que lors d’une révolution…

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