De la misère en milieu agricole ?

De la misère en milieu agricole ?

Selon certains le revenu serait de 350€ , 650€ pour au mini 70 h de travail / semaine. Voici quelques éléments qui démentent la petite musique de la propagande agricole .

Source insée

Le revenu disponible moyen annuel des ménages agricoles s’élève à 52400 euros en 2018. Un tiers provient de l’activité agricole, soit 17 700euros (figure 5). La majorité de leurs ressources sont issues d’autres revenus d’activité. D’un montant de 30100 euros, ceux-ci sont composés, pour l’essentiel, de salaires, qui proviennent notamment de l’activité de leur conjoint. En effet, lorsqu’il travaille, le conjoint de l’agriculteur est salarié dans sept cas sur dix. L’agriculteur lui-même peut également exercer une activité salariée en dehors de l’exploitation. Un agriculteur sur cinq est ainsi bi-actif. En outre, d’autres activités développées au sein de l’exploitation peuvent générer des revenus, comme la vente de produits artisanaux ou le tourisme à la ferme qui ne sont pas comptabilisés en revenu agricole. Les revenus du patrimoine constituent la troisième source de revenus la plus importante des ménages agricoles, soit 20% de leur revenu disponible. Il s’agit essentiellement de revenus fonciers, correspondant à des fermages, souvent issus de terres possédées par l’agriculteur et louées par la société dont il est associé. De manière générale, le patrimoine des agriculteurs repose davantage sur leur patrimoine professionnel et moins sur les actifs financiers et immobilier

Source Lucien Bourgeois revue paysans & société N° 399

Catégorie socioprofessionnelle

Patrimoine en euros

Patrimoine en euros

Patrimoine en euros

Patrimoine en euros

 

Brut moyen

Brut médian

Net moyen

Net médian

Ensemble

276 000

163 100

239 900

117 000

Agriculteur

920 500

613 700

774 900

437 900

Artisan…*

597 400

301 900

501 000

220 100

Profession libérale

768 800

515 300

644 700

385 100

Cadre

448 100

331 500

357 100

219 100

Profession intermédiaire

237 500

186 200

181 700

91 100

Employé

129 700

35 100

98 000

25 300

Retraité ancien agriculteur

324 600

190 200

318 000

190 200

Ouvrier non qualifié

86 600

14 600

69 500

12 300

Source Académie d’agriculture de France fiche N°10.08.Q01 consultable sur le site internet www.academie-agriculture.fr. Reproduction autorisée sous réserve d’en citer la provenance.
Les revenus de l’exploitation agricole ne sont pas les seuls revenus disponibles des agriculteurs Les données relatives à la diversité des revenus sont rares, car elles demandent un traitement spécifique (appariement entre données fiscales et données RICA par exemple). Une publication INSEE de 2015 montre que 53 % des foyers avaient, en 2010, des revenus annuels d’activités autres que l’agriculture, pour environ 16 000 €, souvent le salaire du conjoint. 54 % des foyers ont des revenus fonciers (notamment les associés de GAEC qui mettent à disposition leurs terres propres) représentant 5 000 € environ. 13 % des foyers ont des pensions de retraite pour 9 800 €. Pour les petites exploitations (production brute inférieure à 25 000 €) ce pourcentage atteint 37 %.

Les agriculteurs sont des gestionnaires avisés souvent bien conseillés. Fondamentalement, une comptabilité constitue un outil de connaissance de la situation économique et patrimoniale d’une entreprise ; c’est d’abord un élément de confiance pour les tiers (banques, fournisseurs). Le résultat comptable de l’entreprise agricole sert aussi au calcul de la fiscalité, des cotisations sociales et pour l’immense majorité des agriculteurs soumis au régime du Bénéfice Agricole – de conditions pour l’obtention de certaines aides (prime à l’emploi, bourses scolaires, avantages sociaux). Dans une situation économique donnée, comme tous les chefs d’entreprise, les agriculteurs vont chercher, à réduire l’assiette de l’impôt : c’est l’optimisation. Plusieurs moyens sont à leur disposition, dans la limite de la réglementation et de l’abus de droit : stratégies d’amortissement, d’évaluation des stocks, de provisions et réintégrations, d’organisation juridique en plusieurs entités, de société holding. Il s’agit essentiellement d’étaler des revenus, en particulier par des amortissements et provisions, ce qui revient à reporter à plus tard une partie du revenu déclaré. On cherchera aussi les mesures permettant de soustraire une partie des revenus aux prélèvements obligatoires : faveurs très conjoncturelles (sur amortissement Macron par exemple), ou encore différents mécanismes d’exonération des plus-values. Les agriculteurs pourront également avoir des stratégies sur ce qu’ils inscrivent au bilan ou gardent en patrimoine privé (foncier, placements, réserves).

Autres source : vie publique agriculture



Ces données sont en médians ou moyennes. Ce qui implique des écarts de revenus, selon L’INSEE 6% des agriculteurs sont en grande pauvreté, 14% ont des difficultés de revenu. Bref en 2018 le revenu annuel moyen pour un ménage est de 50 000€ et le patrimoine moyen de 774 900€, médian de 437 900€. Ajoutons que généralement les agriculteurs ne paient pas ou peu de frais de nourriture, de transport et de vêtement, de logement etc, ils incluent cela dans les charges d’exploitation ou par des circuits discrets ou du troc ou vente dissimulée. En comparaison, le revenu non agricole pourrait être de 650 + 240€ nourriture , c’est peu et pas bio + 525€ (logement 7 à 14 euro moyenne le M ² soit 10, 5 X50 m²) + 240€ transports ( c’est difficile de déterminer un budget. Partons d’un véhicule neuf 18000€ : 15 ans, 100€ carburant et 40€ transports en commun) + 168€ assurances (santé 80€, domicile 22€, véhicules 66€ )+ 40€ divers équipement + 50€ abonnements divers = 1913 € . Si on vise le patrimoine moyen d’un agriculteur 774 900€ : 42 ans / 12 mois = 1537€ + impôts environ 264€ il faut pour un revenu de 3714 € environ au mini pour égaler l’ agriculteur moyen. Alors les mensonges sur la pauvreté agricole…

Le revenu agricole a continué de croître avec une euphorie en 2022 . Pour 2024 la conjoncture est aléatoire mais en cas de revers les réserves, le patrimoine et les subventions seront supplées. Le gouvernement annonce exonéré de frais de succession le patrimoine agricole à concurrence de 700000€ et 1,2 millions si reprise par un jeune agriculteur ce qui semble corroborer le patrimoine moyen de 774900€ .

Autre revendication les normes à supprimer donc maintien et retour de toutes les toxiques dans la chaîne alimentaire et environnementale. Les plus malins sentant que cela fera des vagues demandent l’ application de règles aux importations, à défaut cause concurrence d’ appliquer les mêmes règles que l’ import et sans le dire ils visent aussi les droits des salariés. Agriculteurs ou pas les patrons disent toujours la même chose réduire le droit du salarié et du consommateur.

La comptabilité capitaliste est très simple le prix d’une marchandise est la somme des coût de production+ impôts et taxes + rente du propriétaire, l’augmentation d’un élément impacte le prix. Que dit la bourgeoisie bien nourrie . Que pour une alimentation de qualité et un revenu agricole décent les prix doivent augmenter et acheter FFFFFFFrançais. Certains expliquent que la population ne peut pas payer plus cher. La réponse claire ou sibylline est de baisser les impôts, cela tombe bien pour réduire selon eux les prestations sociales ( des assistés, fainéants de chômeur et paresseux salaries ou fonctionnaires); reste en sous-jacent à réduire le coût du travail. D’autres bien nourris et aussi roués qu’un paysan sentant la bronca disent que le pauvre ne peut acheter que le poulet ukrainien dégueulasse; ces autres dans un élan patriotique de vapeurs agricolisées clament qu’ils peuvent payer plus cher. Donc les pauvres continueront à bouffer de la merde et les nantis de bons aliments.

Seule la confédération paysanne s’est opposée et a défendu le principe d’une alimentation bio pour tous à prix abordable par plus de salaire ou de subventions. Que firent les bien nourris, ils étrillèrent la confédé paysanne, les écolos et toute la mouvance dite gauchiste. Curieuse logorrhée de ceux qui crachaient sur la mal bouffe et les saloperies produites par l’agriculture chimique et intensive si chèrement défendue pas la FNSEA. Ces bien nourris qui mangent bio ne consomment pas les produits qu’ils prétendent payer plus cher en flattant la FNSEA. Le souverainisme, le protectionnisme, la solidarité nationale nouvelle doxa. La mondialisation subit une accélération au début des années 1980, inflation, fermeture et délocalisation d’entreprises.

L’ agriculteur, le paysan sont ils venus soutenir les salariés , le font-ils actuellement ? Tant que la production agricole s’écoule sur les marchés émergents ou que venant de ces marchés des productions intermédiaires autorisent de bonne marge, on loue la mondialisation libérale. En fait le segment national ou international du marché des producteurs détermine la posture. La solvabilité du marché met en jeu le pouvoir d’achat si la vente ou la production se fait en France. son pouvoir d’ achat détermine le marché, si la vente se fait ailleurs c’est ce pouvoir d’achat qui est un enjeu. Celui qui vend en export se fout du pouvoir d’achat en France , celui qui vend en France se fout du pouvoir d’achat ailleurs. Mais tous pour raisons de concurrence, de rente et de  dividendes s ‘accordent pour comprimer le salaire et donc le pouvoir d’achat et donc la solvabilité du marché; l’enfer est pavé de bonnes intentions…

On se souvient du conflit en Ukraine et de la pénurie de pâtes, farine etc, malgré une production record incluant la France , en 2017 crise du beurre. Il suffit de ne pas vendre et stoker la marchandise et la pénurie augmente le prix , puis écouler la marchandise à prix fort sur les marchés extérieurs. Il ne suffit pas de produire en abondance si la spéculation boursière règle le jeu. Ils nous disent que nous devons manger français pour sauver la souveraineté alimentaire. Les hypocrites , les baratineurs se soucient que de sauver leurs productions. Pour les autres productions, ils ne parlent pas de fabriquer français. Quelques recherches permettent de vérifier que des éléments entrants dans la production agricole ne sont pas produit en France ou de marque françaises et aussi de certains déficits ( tracteurs, engrais, phytosanitaires, divers matériels etc). Que dire de cette égérie de la coordination rurale interpellée pour occupation de Rungis , quittant le lieu dans une auto Mercedes…

Les agriculteurs votent majoritairement à droite au vu des résultats à la chambre d’agriculture avec près de 50% d’abstention: FNSEA et jeunes agriculteurs 55%, coordination rurale 21,5 %, confédération paysanne, seul syndicat classé à gauche, 20,4% . Ils votent majoritairement pour Macron, LR, ext-droite. Ces élections induisent la lutte pour le contrôle des chambres d’agriculture et autres: crédit agricole, msa, groupama, etc. Ce qui permet avantages, pouvoirs et bonnes places. Ces structures liées au monde agricole induit le conflit avec la techno-structure ( site: basta média salaire dirigent coopérative ).

L’ histoire des agriculteurs et paysans n’est majoritairement pas progressiste mais réactionnaire ou conservatrice, corporatiste et surtout opportuniste. Les agriculteurs défendent un système basé sur la propriété des moyens de productions et d’ échanges ( capitalisme), une idéologie hiérarchiste et inégalitaire (bourgeoisisme), le marché concurrentiel (libéralisme). Partager le même épistémè n’évite pas les conflits internes suivant la puissance, la place, l’intérêt personnel. L’ agriculture française bien que puissante au niveau mondial perd des parts de marché. Afin d’exister il faut réduire les coûts, augmenter la production etc. C ‘est en général par la fusion / absorption d’entités économiques concurrentes ou utiles à la filière. Il faut donc concentrer en oligopole, être une multinationale pour résister à la concurrence déjà à ce stade ou en agro industrie. La FNSEA pousse à la concentration, la coordination rurale entend rester a son stade d’unité moyenne dite agriculture familiale, derrière l’unité de façade le conflit est là…

Dans les dix ans la moitié des agriculteurs seront en retraite et donc beaucoup de moyens de productions à concentrer. L’ histoire de la concentration est la lutte entre petits patrons absorbés ou détruits par les plus gros patron (Poujadisme). Comment se résoudre la crise ,acheter au prix fort la petite entreprise ou versé une bonne indemnité d’éviction; autre solution embaucher ces ex- patrons ( chef production , contremaître, dirigent etc). Ces embauches utilisent le savoir faire technique mais aussi leur idéologie droitière dans la chaîne du commandement capitaliste, dans le but de fragiliser la lutte salariale.

Que dire du monde qui vient , OGM, robotiques, intelligence, artificielle… L’ État , le gouvernement plein de mansuétude face aux luttes agricole et c’est récurent dans l’histoire. La violence des luttes sociales n’est pas en soi un problème pour les privilégiés mais bien qui la pratique. Selon que vous soyez salarié, retraité, chômeur, pauvre, anti capitaliste, gilet jaune, ou autres équivalences et la répression est là; pratiquer la violence au bénéfice de l’ oppression et vous serez décoré avec une bonne place …. Pour toutes ces raisons je ne suis pas solidaire des agriculteurs et du poujadisme au relent fascisant.

Bien sur il y a des agriculteurs, des paysans critiques sur le capitalisme et le monde actuel, qui sont bienveillants, qui sont pauvres, mais ils sont minoritaires … Tant que dure le système, perdure ces maux: crises, sociales, économiques, écologiques, guerres, répressions, la question est posée a tous ceux qui contestent ; soit on subit, soit la révolution pour un autre futur…


Léo Ferré

Et les microbes de la connerie que vous n’aurez pas manqué de nous léguer . Montant de vos fumures, de vos livres engrangés dans vos silothèques, de vos documents publics, de vos règlements d’administration pénitentiaire , de vos décrets, de vos prières même. Tous ces microbes, soyez tranquilles, nous avons déjà les machines pour les révoquer

Caen février 2024

Jean Picard .

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