la grève contre leurs retraites. pour quel projet et quelle stratégie ?

la grève contre leurs retraites. pour quel projet et quelle stratégie ?

La lutte pour une société capitaliste juste ou une retraite correcte, dans un cadre capitaliste, est difficilement entendable. En effet, capitalisme et juste sont deux mots incompatibles, et “retraite” signifie repos après un travail salarié toute une vie (où il y a peu de chance que la santé soit là, selon le travail accompli). Dans un projet de société  communiste anarchiste la retraite a peu de sens, puisque profiter de la vie doit pouvoir se faire toute sa vie et non à la fin, la question est le partage du travail nécessaire basé sur de réels besoins recensés et non un travail comme actuellement pour que le patron/proprio se fasse du profit sur le travail effectué.

La loi de retraite par capitalisation est inique, lutter contre cette loi imposée est important dans la forme mais pas suffisant dans le fond, car les dominants n’ont pas finis de changer les règles au profit de ceux qui ont le pouvoir économique, ils ont généralement un coup d’avance ; les stratégies syndicales sont comme souvent conservatrices ou cogestionnaires. Car même si on voit bien que deux forces idéologiques (l’une gouvernementale et le patronat -des assurances notamment-, l’autre les syndicats de salariés) s’affrontent, factuellement dans une lutte de classes, elles ne remettent aucunement en question le capitalisme ni un des effets du travail salarié qui est la retraite.

La peur de la répression insidieuse, ou non, dans le privé ou dans le secteur publique est un échec pour le syndicalisme prônant la grève. Mais cela peut être compréhensible par le fait que l’idéologie terroriste néo-libérale y est impulsée constamment dans des relations manipulatoires de management au sein des entreprises privées et aussi du fait que les salaires sont trop bas pour beaucoup pour pouvoir faire grève une journée. Cependant la forte solidarité financière (même minime) de personnes dans le privé a son importance, par le refus des logiques interne que ça révèle, mais n’y change rien, car l’asymétrie financière (entre salariés et puissants) y est criante.

Le syndicalisme a une longue histoire qui a eu de nombreuses facettes. ça reste dans une logique de société de classe, et son rôle est uniquement de protéger la classe des travailleurs au sein du capitalisme. ça se limite donc au monde économique et au travail. ça fait parti prenante du système. Mais ils sont limités du fait de la place qu’ils ont pris historiquement au sein du système. On aurait raison de penser que ça n’est qu’un contre pouvoir économique (c’est la place qu’il s’est fixé en France ou ailleurs, hors un projet de société n’est pas qu’économique). Mais on ne peut pas voir de projet de société derrière le syndicalisme. En tout cas pas de projet hors du capitalisme. non il y reste bien cantonné en respectant toutes les règles que ce système a besoin pour perdurer. Mais à la question de ce que peut amener le syndicalisme, on peut dire que ça peut améliorer au mieux les conditions de travail de ceux qui se défendent contre les logiques des exploitants. C’est en gros, “lutter pour nos droits” “pour nos salaires” “pour nos retraites” “pour nos places” “pour notre classe”, voire parfois “pour une autre société”. Cependant ça ne pose aucun projet hors du capitalisme. C’est généralement de la cogestion interclassiste et ça pose donc pour un “capitalisme juste”, pour le capital au service du travail ; Les uns et les autres croyant au capitalisme néo-libéral ou au capitalisme partagé, à un meilleur capitalisme, au capitalisme d’État, au capitalisme monopolistique, au capitalisme régulé, au capitalisme social… On en sort pas. mais ça ne peut mener à rien d’autre au vu de ce qui existe. Hors ça devrait être le combat universel des syndicalistes sincères de sortir du capitalisme.

Au vu du spectacle qu’en font les médias, on peut se faire suggérer que le syndicalisme est un contre-pouvoir (avec des factions réformistes et des factions radicales), ça suggère que la grève c’est du courage pour bloquer le système (avec les risques légaux, financiers et familiaux que ça implique, etc). Ce qui n’est pas faux pour certain Es. Ces forces radicales sont prises dans une croyance du pouvoir des syndicats en lutte, par l’action directe, mais sans stratégies et projets révolutionnaires fédérés, ces forces vont perdre le sens de leur lutte.
Le choix pour les adhérents d’être ou de rester dans des orgas syndicales qui n’ont pas d’impacts réels sur le système global du fait de stratégies contre-productives (car le système économique fonctionne en réseau auto-résilient) est désolant. Cependant, il n’y a pas d’autres exemples de moyens de lutte de visible dans leurs médias (c’est logique, ceux-ci ayant été éradiqués de l’histoire de leur monde, et ayant été marginalisés) proposant une pratique et un projet émancipateur global. Le projet anarchiste d’une société fédéraliste autogestionnaire communiste libertaire annihilant le capitalisme n’est effectivement pas positif pour leur monde (politiques, syndicalistes, médiatiques, financiers, etc). Ils n’y voient que du feu ou du noir.

Pour en finir avec le capitalisme, il faut pourtant une stratégie pour créer un mouvement  révolutionnaire avec toutes les composantes de la société afin que lors d’une grève, conflit, ou autre, la solidarité soit effective et non fonctionnelle. Il va falloir à un moment donné que certain Es prennent conscience que la grève, la manifestation ne sont que des moyens de blocages et d’expressions aucunement révolutionnaire, en raison du fait que les syndicats en question n’ont pas de stratégies révolutionnaires. Et pourtant ce n’est pas bien compliqué à imaginer ni à proposer une stratégie révolutionnaire. Si il y avait une concertation stratégique au niveau syndical avec toutes les forces actuelles connues, dont les centres d’énergies (approvisionnement en carburants, électricité, …), les médias, les transports, les réseaux informatiques, cela aurait indéniablement un impact. la grève pourrait commencer stratégiquement par l’énergie, pour épuiser le carburant moteur de l’économie (et la solidarité finançant en partie les grévistes des ports ou des usines de raffinement et d’électricité) et le fret, puis du fait de l’impossibilité de se fournir en carburants ou autre, ça commencerait à bloquer l’économie, la grève des transports serait alors adéquat bloquant encore plus certaines zones dépendantes, si cela n’est pas suffisant, les médias pourraient aussi être perturbés en interne, les réseaux informatiques pourraient être perturbés également, l’énergie électrique pourrait avoir des pertes. Tout cela mettant tout le monde en grève de fait. Le résultat pouvant être le mutisme de l’État ne voulant rien négocier, et la répression dure comme réponse. Or on sait de par l’histoire que la répression a toujours mis en avant ceux réprimés. Une stratégie révolutionnaire s’accompagne toujours d’une communication de la part des résistant Es, l'”opinion publique” est comme souvent à l’écoute de ce qui est dit des uns et des autres. Il faudra avoir un discours clair et limpide sur ce qu’est ce système, la raison de l’activité syndicale émancipatrice anarchiste et ce qui est possible autrement. Cela permettrait aux personnes de se solidariser et reposer la question du “qu’est ce qu’on veut maintenant, comment on s’organise pour vivre, de quoi a-t-on vraiment besoin, le travail est il nécessaire tel qu’il est organisé ? la retraite chaque jour, etc”. Et si la force est employée par les exploitants / gouvernants, la force du nombre des exploités / salariés / syndiqués par les actions directe autonome et concertées/préparées/fédérées, à toutes les échelles géographiques, aurait alors un impact et la possibilité de repenser, recréer un autre monde sans capitalisme. Les choses pourraient alors se débloquer et reprendre leur cours avec une autre manière de fonctionner. Leur loi, ils pourraient alors se la carrer dans leur histoire.

Hors, il n’y a rien de tout cela dans le syndicalisme actuel, la stratégie a été un rapport de force direct mais sans coordination pour un gradualisme révolutionnaire pour en découdre véritablement. Il n’y a pas de volonté de jouer à des règles du jeu hors du cadre de leur système. Il n’y a pas de volonté révolutionnaire dans ces structures. Il y en a apparemment parmi certain Es adhérent Es, mais la structure empêchera cela. Car celle-ci veut garder sa place, elle est pour une lutte des places.
L’idée posée parfois est de rentrer dans ces grandes centrales et d’y poser un point de vue révolutionnaire. Hors en interne tout est cadenassé et l’idéologie interne est la cogestion non une perspective révolutionnaire.
L’idée de rentrer dans une organisation ouvrière révolutionnaire anarchiste afin de porter ces stratégies peut être intéressante, mais faut-il qu’il en existe vraiment en tous lieux. Il faut recréer avec solidarité tout ce projet révolutionnaire. Mais à chacun de trouver ses solutions afin d’avoir une organisation véritablement révolutionnaire et globaliste anarchiste.

La bataille actuelle est peut-être perdue, mais les prochaines il faudrait les gagner, ou les perdre, mais surtout se renforcer face à un système devenu toxique pour celleux qu’il exploite, mais aussi pour le cadre de vie planétaire qui est pillé, dévoré, épuisé par ce système fou. Organisons nous ! Préparons la révolution sociale, autogestionnaire, expropriatrice pour reposer la société selon les besoins de chacun.

PM

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