Pour en finir avec Céline

Pour en finir avec Céline

Régulièrement un regain d’intérêt pour Louis Ferdinand Céline apparaît, Si l’auteur de Voyage au Bout de la Nuit a toujours eu des fans, le contexte politique peut faire douter sur l’utilité et la pertinence à mettre un pamphlétaire antisémite et collabo sur le devant de la scène.

La question n’est pas son talent, ni même son génie stylistique. Car oui il y a bien un style nouveau qui aura une influence non négligeable sur beaucoup de romanciers eux aussi de talent. C’est bien la question du contenu qui fait débat.

Si en tant que libertaire nous sommes contre toute censure, nous pouvons également nous poser la question de la réédition de pamphlets orduriers et pro-nazi. La réponse est non, il n’y a aucune raison que des maisons d’édition s’enrichissent avec des œuvres ouvertement collaborationniste qui appellent aux crimes, aux lynchages. Quiconque, pour la culture générale, voudrait les lire, et il est normal d’avoir accès à tous les livres, peut très bien les trouver gratuitement sur internet. Il n’y a donc aucune raison que force de marketing des bourgeois tire du profit avec de la propagande antisémite.

Revenons à Céline. 60 Ans après sa mort, celui qui voulait se faire passer pour un pessimiste incompris et victimaire, subit un coup sur sa légende : il est prouvé qu’en plus de ses pamphlets, il fut bien un délateur. C’est lui qui a dénoncé le poète Robert Desnos (libertaire et résistant), ceci conduira Desnos droit à la mort dans le camp de concentration de Theresienstadt.

Bien sûr, il y aura toujours des littérateurs-scribouilleurs pour dire « c’est plus compliqué », Et effectivement tout un tas de débats d’ordre littéraires, psychologiques et historiques pourrait être soulevé, permettant ainsi le Savoir de progresser. Ces débats n’ont jamais lieu… Et n’auront pas lieu, tant que des obnubilés du « maaaaître » ignoreront consciemment qu’il y a des passerelles entre son œuvre « non-antisémite » et les mentalités fascisantes.

On nous parlera des céliniens de gauche. Aucune personne intéressante et émancipatrice ne se réfère que à Céline. Pour exemple Malaquais classé célinien de gauche ne met pas Céline tel un nouveau martyr Jésus, au dessus des autres. Mais Malaquais est lui aussi un cas à part. Tout comme un Bukowski qui lui voit les choses de manière amputée, puisque son regard vient des États-Unis des années 70, sans connaître tous les détails. Malaquais, Bukowski… Ici ce sont de grands écrivains également, ce qui n’est pas le cas des céliniens. En général les céliniens sont des petites mentalités mesquines à beau phrasé, cachant leur lâcheté derrière des petits rictus ironiques, à l’image des petits collabos au cinéma. En singeant l’Écrivain ils finissent par n’être que des pâles copies de Gérard Jugnot dans « Papy fait de la résistance ». Quant au célinien de gauche, le maître lui a enseigné que les Hommes sont mauvais et ne peuvent pas changer, du coup vous pouvez être sur qu’il finira par trahir . Puis devant les conséquences, il fera la victime. Voila en quoi ils sont proche du maître ! Pas dans leur scribouillage !

Sans même parler d’idéologie, opinions mise à part : pourquoi nous bassiner régulièrement les oreilles avec Céline, alors qu’il y a bien d’autres génies de la littérature : les Dostoïevski, les Kafka, les Stendhal, les Hugo, les Rabelais, les Shakespeare, les… ? On peut également penser à l’immense Octave Mirbeau « l’imprécateur au cœur fidèle » qui fut écarté des universités à cause de ses idées anarchistes. Le professeur Pierre Michel édifie un travail monumental pour réhabiliter ce génie de la littérature.

Pourquoi les céliniens ne parlent que de Céline ? Parce que la majorité des céliniens ne parlent pas de littérature, ils parlent politique camouflé sous des aspects littéraire… Technique efficace déjà approuvé par le « maître » lors de son procès.

Pour conclure quelques vers de Robert Desnos pour expliquer son choix de la résistance lui qui était pacifiste. Alors que Céline ce sert du pacifisme pour justifier sa collaboration,

Extrait de « Pourtant ce cœur haïssait la guerre » de R, Desnos :

Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,

Mais un seul mot :
Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères

Et des millions de
Français se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera.

Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées, du jour et de la nuit.

X.

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