Prenons les armes !

Prenons les armes !

Prenons les armes comme thématique, elles ont étés nombreuses ces derniers temps dans l’actualité à parler d’elles, petites ou grosses, et de leurs porteurs. Il va donc être question de poser la réalité large et actuelle des armes, de son histoire, des positionnements philosophiques ou non, l’antimilitarisme, le pacifisme et enfin une vue anarchiste sur les armes…

La locution « Sivis pacem parabellum » : autrement dit « Si tu veux la paix, prépares la guerre ! » introduit bien la thématique des armes et le fait que la paix ou la guerre est un choix humain pour des armes plus ou moins conditionné par divers facteurs, dont l’idéologie et un rapport de force et qu’il n’existe pas une paix mais des paix et des guerres, avec un contexte historique. Eux veulent leurs « paix armées », nous « Sivis pacem parapacem » la « paix » tout court. Les armes existent de diverses manières, pour des intérêts ou objectifs idéologiques ou pratiques divers. Si on veut l’anarchie, donc la « paix » tout court, on doit prendre les armes à la hauteur de leur réalité et agir en conséquence.

Prenons une définition des armes (d’une source officielle sur l’armement national français : legi france .gouv .fr ) :

« Arme : tout objet ou dispositif conçu ou destiné par nature à
tuer, blesser, frapper, neutraliser ou à provoquer une incapacité »

On peut préciser qu’une arme a pour fonction de se défendre ou d’attaquer (définition Larousse) et on peut voir qu’il y a une graduation dans les objectifs d’une arme, qui peuvent être de :

  • NEUTRALISER : Empêcher d’agir. Synonymes : paralyser, annihiler
  • BLESSER : Causer une gêne douloureuse et vive. porter un coup moral.
  • Provoquer une INCAPACITÉ : État d’une personne qu’une blessure, une maladie a rendue incapable (de faire qqch.)
  • FRAPPER : Toucher plus ou moins rudement en portant un ou plusieurs coups
  • TUER : provoquer la mort. Fatiguer moralement ou physiquement.

Les armes existent depuis que le vivant existe (un bâton, une pierre, un poing, une voix est une arme), les situations de concurrence au sein de la nature obligent le vivant à trouver des moyens/stratégies pour survivre, les humains ont fait comme les autres être vivants, ils ont acquis cette capacité de produire des armes permettant de mettre à distance leur prédateur ou de tuer leur proie. Les êtres vivants ont parfois évolués (évolution des espèces) avec des attributs d’armes (cris stridents, défenses, cornes, crocs, griffes, poisons, répulsifs, apparences, mimétismes, comportements spécifiques). On ne peut donc pas condamner les armes dans leur ensemble, ce sont des logiques « naturelles » complexes. Elles peuvent permettre aux humains de résister ou attaquer un prédateur/tyran mais elles peuvent aussi permettre à des prédateurs/tyrans humains de tuer d’autres humains ou autres vivants. La problématique est donc l’usage humain de l’arme, pour quelle fin sociale et dans quel but. C’est un certain type de société humaine, de rapports sociauxi, d’idéologie, qui amène à un usage d’arme aberrant ou d’une militarisation aberrante. Les anarchistes posent de fait la nécessité d’abolir les armes ou les armées inutiles à la survie de l’humanité et du reste du biotope, mais aussi d’amener une culture d’émancipation là où c’est possible pour éviter les pièges idéologiques qu’amènent les habitudes sans questionnements nommés parfois « traditions », le patriarcat est bien placé et ancré dans les cultures et traditions modernes et anciennes qui fondent ces idéologies.

L’humain est le seul animal qui peut penser ses actes et a donc la possibilité de choisir son usage des armes (outils comme d’autres, bien que dangereux) et donc son choix de sociétéii, ses relations entre humains et les autres êtres vivants (prédatisme, parasitisme, mutualisme). L’arme est une de ces expressions (la question du travail ou de la propriété est du même ordre). Le problème pour les armes matérielles (à l’exception d’armes qui seraient à proscrire, car dangereuses par défaut) ce sont les volontés idéologiques qui sont derrière et les réelles armes sont celles qui sont dans les têtes (conscientes ou inconscientes) ou les structures humaines qui organisent l’usage de ces armes matérielles vis à vis des autres vivants.

Dans des sociétés militarisées, un conditionnement militaristeiii y est présent, ces idéologies sont là pour conditionner cette société à tuer, blesser ou neutraliser, directement ou indirectement d’autres vivants, et la torture physique ou psychologique n’est souvent pas très loinun tel conditionnement existe pour que les armes deviennent importantes et que la militarisation matérielle puisse s’effectuer sans freins. Il n’est plus question pour eux de savoir la raison des armes, il n’est juste question que de défendre avec des armes sa propriété, sa famille, sa nation, son dieu et les idéologies qui entourent toute société militariste.

Regardons la question des armes matérielles, puis ensuite des armes idéologiques soutenant cette structuration militariste destructrice.

Armes matérielles :

Une Arme est donc « objet ou dispositif conçu ou destiné par nature à tuer, blesser, frapper, neutraliser ou à provoquer une incapacité pour un être vivant », ou pour causer une destruction matérielle désorganisant les vivants.

Il y a plusieurs types d’armes : Arme blanche, Arme de jet, Arme à feu, Arme automatique, Artillerie, Arme nucléaire, radiologique, biologique et chimique, Véhicules de combat, Arme non létale, Explosifs, et certainement plein d’autres…

Ce sont les types d’armes toujours utilisées, mais leurs savants militaires ou civils travaillent sur de nouvelles armes qui pourraient neutraliser sans tuer (ils appellent ça « armes non létales », mais on peut douter de cette désignationiv) ou alors briser les personnes sans trop les mutiler, voire des guerres automatisées sans humains. Ça promet de futures belles guerres ou conflits sans morts et avec pleins de personnes neutralisées. Le pouvoir pouvant dormir tranquille ?

On peut notamment énoncer des armes « récentes » :

  • Armes à impulsion Électrique (dit « taser ») : le but est de neutraliser un individu par une électrocution, elle tue parfois des personnes (aux états unis elles ont fait plus d’un millier de morts en une trentaine d’années)v
  • Armes à jet plastique : Les LBD : Lanceurs Balles de Défenses sont largement utilisées pour neutraliser, blesser ou tuant des personnes.vi
  • Armes à Impulsion Électromagnétique (IEM) : l’idée est de neutraliser la matériel électrique/électronique de l’ennemi mais ça peut aussi occasionner des troubles neurologiques sur les individus, voire provoquer la mort. La cage de faraday semble être la seule protection contre cette arme.vii
  • Armes Soniques : l’idée est de neutraliser les mouvements des individu en agressant l’ouïe des cibles. « un système d’hyperfréquence (qui) peut être dirigé sur un groupe d’individus, entraînant nausées, malaises intestinaux, troubles de la vision et de l’ouïe ».viii
  • Armes éblouissantes : l’idée est de neutraliser les mouvements des individus en aveuglant des cibles. Cela provoque un aveuglement, des nausées, des étourdissements, une désorientation. Un casque de soudure peut certainement réduire l’agression visuelle.ix
  • Armes à micro-ondes : l’idée est d’infliger des douleurs/brûlures localisées insoutenables à distance.x
  • Armes par drones ou mini-drones : l’idée est de conduire de manière distante cet appareil et de surveiller ou de tirer les cibles définies par un responsable militaire « bien informé ».xi
  • Armes Robots Autonomes : L’idée est de créer une armée non humaine pouvant avoir un comportement spécifique programmé permettant de limiter l’intervention humaine dans des activités répressives. L’intelligence artificielle associé à la robotique créé des armes informatisées pouvant devenir très dangereuses du fait de leur autonomie décisionnelle (malgré une programmation de base), de la possibilité de défauts décisionnels autonomes dû à des dégâts liés aux combats.xii

Les armes matérielles sont par essence dangereuses, car elles peuvent nuire à un être vivant. Les sociétés hiérarchiques organisent cette militarisation des armes. Certaines armes impliquent fondamentalement un certain type de structure politique / technologique / économique / sociale hiérarchisé.

On peut énoncer les armes nucléaires.
On a pu voir (à Nagasaki ou Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima, …) qu’au delà de la volonté de neutraliser, elles peuvent blesser, rendre malade et tuerxiii. Les armes nucléaires tout comme d’autres énoncées sont des armes globalement nuisibles à toute vie sur terre et sont donc des armes à annihiler. Elles impliquent une structure militaro-industrielle hyper centralisé avec des autorités décisionnelles opaques. D’ailleurs pour l’ONU, elles sont interdites depuis le 22 janvier 2021, mais aucun pays ayant des armes nucléaires n’a signé ce traité...

Les armes non conventionnelles énoncées au dessus préparent aussi des guerres à venir déshumanisées, par robots ou technologies avancées, ça prépare un type de relations politiques internationales très tendues et hyper-technologiques.

De nombreux éléments matériels naturels comme l’or autrefois, le pétrole et les terres rares hier et aujourd’hui, sont parfois à l’origine de guerres dû à une appropriation des ressources par certains. Les ressources comme l’eauxiv peuvent être aussi utilisés comme armes lors de conflits, de sécheresse accrue, et d’un manque de solidarité internationale.

Les armes matérielles sont actuellement utilisées globalement avec comme objectif non de se défendre contre d’autres vivants ou pour se nourrir, mais pour tuer ou neutraliser d’autres vivants pour défendre la propriété privative des terres qu’ils exploitent, pour un territoire national, pour un dieu, pour s’approprier une zone au détriment des autres vivants, en gros du pillage, etc. Évidemment il y a aussi un usage d’autodéfense par les armes contre les tyrans militaristes, mais la solidarité des puissants contres les « faibles », des guerres asymétriques donnent peu de chances à ceux trop « faibles » en armes

C’est une guerre idéologique de basse intensité qui existe pour garder le pouvoir sous diverses formes, on parlera ci dessous de quelques armes idéologiques utilisées par les hiérarchistes de tous poils afin de gagner en influence lors des luttes armées.

Armes idéologiques :

Si on considère la définition d’une arme : « tout objet ou dispositif conçu ou destiné par nature à tuer, blesser, frapper, neutraliser ou à provoquer une incapacité », on peut donc repérer qu’une idéologie correspond à cette définition d’une arme. En gros, toute logique d’idée (telle que Dieu, Nation, Capital, Propriété, Royaume, Messie, Le Parti, Le Chef, l’Élu, etc.) ayant une logique conceptuelle absolue peut tuer, blesser, neutraliser, provoquer une incapacité ou rendre malade psychiquement ou physiquement, du fait de pratiques militarisées de la part de leurs partisans.

L’« information » par le prosélytisme, la psychologie, la propagande, les rumeurs, les théories du complot est peut-être le sous bassement principal des armes idéologiquesxv, et parfois la science. Autrefois diffusé par la parole des voyageurs, puis par les journaux et actuellement les médias (internet compris, dont leurs réseaux « sociaux »). Ces derniers sont les principaux appuis des armées réelles. On voit lors d’élections les manipulations idéologiques et psychiques qui se font par les médias, les réseaux « sociaux »(?), etc. On le voit dans toutes les questions où se trouve un pouvoir symbolique ou physique à prendre ou à garder.

Les principales idéologies actuelles des systèmes militaristes existants sont le théisme, le nationalisme, le capitalisme. Souvent ceux ci sont présents à un pourcentage divers, mais sont tous présents. Ces trois idéologies sont dangereuses, car elles sont des armes très puissantes pour contrôler les populations en jouant sur leurs sentiments, leurs émotions, leurs identités, leurs croyances. Elles sont diffusées en masse afin d’asseoir une masse servile prête à être utilisé par les structures militaires locales pour les exactions et pillages actuels et futurs.

Ces 3 idéologies sont des religions, les unes mettant en avant une ou des divinités, d’autres mettant en avant une ou des nationalités, et d’autres encore mettant en avant une ou des propriétés. Elles ont toutes leurs lieux de cultes, leurs livres sacrés, leurs histoires, leurs sauveurs, leurs gourous, leurs prosélytes, leurs tabous, leurs sectes, leurs ennemis, leurs meurtres de masse et leur réussites

  • Théisme :

Le théisme est une religion déiste, c’est cette croyance en la toute puissance d’une ou plusieurs divinités et en leurs saints / prophètes / messagers, dictant les ordres/lois divines aux humains xvi; et il faudrait croire et se conformer à ces propos ou écrits dits sacrés inscrits dans des livres ou dans des lieux dits « sacrés ».

Que leur.s Dieu.x, leur.s lieu.x de cultes et leurs symboles soient considérés comme sacrés pour certains humains qui y croient n’est pas un problème, la croyance en des voix célestes non plus (à part si il s’agit de les imposer), tout est dans la croyance en un mythe, ou dans un ressenti direct (auto réalisé et dirigé) et cultivé. Il y a des croyants ayant simplement envi de croire à une histoire, un mythe. Le problème vient assez vite quand il s’agit de la question du « pouvoir sur » les autres. Il y a toujours des imposteurs ayant des intérêts politiques à faire croire certaines croyances. Les hiérarques théistes disent ce que, soit disant, les voix célestes disent (selon leur intérêt personnel du moment évidemment) et tentent de mettre en avant la toute puissance de leur Divinité dans la société, et là ça devient problématique, car ils veulent subrepticement imposer une croyance de divinité à tous par les moyens politiques. Mais « l’enfer est pavé de bonne intentions ».

Dans leurs écrits ou leurs propos, ils tentent de neutraliser les individus (souvent des enfants en les conditionnant tôt) en les manipulant en leur faisant peur avec des idées d’Enfer ou des actes de héros fous ou en tentant d’attirer avec des promesses de Paradis.

Ils peuvent blesser physiquement ou psychiquement en humiliant celleux qui ne suivent pas la croyance des foules théistes ou qui selon eux s’égarent.

Ils peuvent même tuer ceux qui ne respectent pas les règles de la soit disant divinité ou de leurs croyants. Cela crée en effet de nombreuses pathologies neutralisantes, blessantes et mortifères, dont l’impossibilité pour le croyant d’être pleinement humain. Voir par le prisme d’une ou des divinités est un moyen pour ne pas voir les autres humains comme respectables, ça amène à ces logiques armées contre les autres humains non croyants. Selon l’idée que les croyants ne sont que des instruments de leur divinité (tel Abraham obéissant à son dieu pour tuer son fils), et que les actes qu’ils font sont par défaut bons (car « guidé par Dieu »), même si il s’agit de tuer des innocents (car « Dieu reconnaîtra les siens »). Cependant, le capitalisme ou le nationalisme est souvent invité à aider le.s Dieu.x.

On peut donner ces quelques exemples récents de théismes utilisées comme armes : génocides des indiens d’Amériques par les chrétiens, esclavage islamique (castration des esclaves hommes non musulmans pour servir des musulmans et ventes des esclaves femmes non musulmanes à des musulmans), esclavage afro-américain par les colons des diverses puissances européennes et africaines, inquisition/chasse aux sorcières européenne, colonialisme, l’attentat du cinéma Saint-Michel, secte de waco, l’attentat d’Oklahoma City, génocide au Rwanda, menaces de mort contre salman rushdie, voile islamique imposé comme signe de soumission, l’attentat d’oslo, massacres à Charlie Hebdo / hyper casher / bataclan / Nice , #JeSuisMila, Al Quaida, terrorisme salafiste, massacres à gaza, Qanon, #JeSuisProf, etc

Comme disait Michel : « Si Dieu est, l’Homme est esclave ; or l’Homme peut, doit être libre, donc Dieu n’existe pas. » « Et si Dieu existait, il faudrait s’en débarrasser ! ».

  • Nationalisme :

Le nationalisme est une religion territorialistexvii, c’est cette croyance en l’existence historique d’un territoire qui aurait une identité propre éternelle (croyance enlevant toute réflexion concrète sur l’histoire réelle des territoires et des pillages autoritaires multiples passés voire actuels) et à laquelle il faudrait se conformer avec des codes spécifiquesxviii.

Ça se base sur des territoires qui appartiendraient historiquement (évidemment) à un peuple/chef et pas à un autre. C’est une façon de le mythifier et de tout justifier apriori. Cela peut amener les tenants de ce nationalisme à vouloir neutraliser la venue de ceux qui ne seraient pas d’ici (selon des critères spécifiques), ceci afin de ne pas entacher la pureté du territoire national. Au demeurant, si besoin, il n’est pas impossible que ceux-ci veuillent les blesser en les mettant plus bas que terre, en les humiliant, en les tabassant, voire en les tuant car ils ne sont pas d’ici et qu’ils n’auraient aucuns droits. Ça englobe l’idée souverainiste. Cela peut créer la peur pour les personnes n’étant pas du territoire, ou même pour ceux qui y sont nés et y vivent, car on connaît les exactions passées des nationalistes de toutes sortes. Ce sont des gros cons ommateurs d’armes. Sans oublier le populisme, qui a pour idée que le peuple serait uni et indivisible, est pour ses défenseurs une idée qui les poussent à rejeter tout ce qui ne correspond pas à leur idée illusoire et interclassiste d’unité populaire. La théorie du complot est souvent présente parmi ceux là et la dictature est souvent une légitime option chez eux. Ceux qui ne sont pas d’accord avec eux font les frais physiquement ou perdent la vie. La pathologie qui l’accompagne est souvent le complotisme, un déni de réalité des rapports de classes, un idéalisme moral du peuple (bon peuple, mauvais peuple, bonnes élites, mauvaises élites).

Au XIX eme siècle, les nationalismes ont étés des mouvements de « libération » à une époque où les empires perdaient du sens. La bourgeoisie a porté la nation comme moyen d’imposer des États de droits et où la propriété privée a été imposée, pour le bien être des marchands. Les mouvements sociaux ont vite dépassés ces questions nationales pour poser l’internationalisme et la question des classes sociales et de leur abolition, par la suite le nationalisme est devenu l’ennemi des mouvements d’émancipation sociale. Il existe diverses idéologies secondaires ou des excroissances parmi les nationalistes, les souverainistes et les populistes, notamment le colonialisme, le racisme, l’impérialisme, la xénophobie et autres pathologies militaristes.

Le
racisme/xénophobie, à l’identique du nationalisme (ça peut être transnationaliste), est là pour neutraliser toute personne d’une soit disant race différente (voire soit disante inférieure), du fait de la couleur de peau ou de traits physiques différents. ça les autorise à l’insulte, voire ça mène à la mort de ceux non désirés. Ce sont des idées créant la pathologie de paranoïa parmi les non territoriaux ou les territoriaux. Le racialisme / indigénisme / communautarisme / essentialisme sont certainement de ces effets. En effet, à l’identique du racisme, ça considère le discours raciste valable en partie. Considérant que la couleur de peau ou l’origine a une validité, voire que la culture spécifique doit être respecté et que sinon ce serait du racisme (voir notamment la question et l’usage de l’« islamophobie »xix par les théistes musulmans), et ça reprend le discours de manière égal et inversé, certains disent que le racialisme est du racisme à l’envers. on peut effectivement dire que racialisme et racisme sont égaux dans les thèmes et sont tout autant haïssables. car elles permettent les théories et les agissements racistes sous couverts de victimes de racisme et inversement, ça participe complètement à l’assimilation de logiques racistes au sein de personnes dites « racisées »xx et au sein de la société dans son ensemble. C’est une pathologie créant des sectes communautaristes (blancs, noirs, maghrébins, français, musulmans, pas français, etc) dont l’émancipation sociale pour eux n’a plus aucun sens. D’ailleurs, l’abolition des sociétés de classe et l’internationalisme émancipateur n’est pas au programme de ces idéologues.

On peut donner ces quelques exemples récents de nationalismes utilisées comme armes :

Le nationalisme bolcheviste (léninisme, stalinisme, castrisme, etc ) et le nationalisme fasciste (mussolinisme, hitlérisme, pétainisme, franquisme) ont rejetés militairement les mouvements d’émancipation sociales, en protégeant le capitalisme ou le théisme et en imposant une chape de plomb nationaliste avec force armée, tortures, lapidations, camps d’extermination, camps de concentration, travaux forcés, pelotons d’exécution, bagnes, prisons… La guerre de 14-18 a été une boucherie nationaliste, la 2sd guerre mondiale également. Les révolutions sociales en 1917-21 ont étés réprimées en Russie par les nationalistes marxistes lénino-trotskystes, en Allemagne par les nationalistes sociaux-démocrates marxistes ; en 36 en Espagne réprimés par les nationalistes marxistes lénino-staliniens d’un côté et des nationalistes franquistes de l’autre. De l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par l’extrême centre, ils se sont tous baignés dans un nationalisme antisocial.

De nos jours on reconnaît le mouvement populiste / souverainiste / nationaliste qui pose toutes ses capacités intellectuelles dans un mouvement mixte, dont on voit des pensées de gauche et droite mélangées, qu’on peut nommer rouge-brun et qui met la nation, le peuple, la souveraineté nationale au dessus de tout et qu’il faudrait défendre, contre la « finance » non nationale ou l’Europe, mais évidemment pas contre le capitalisme national et même pour le capitalisme financier quand ça arrange leur nation. Ils ne sont pas d’accord sur les formes mais ils sont tous d’accord sur le fond, la nation au dessus de tout, le capitalisme ou le théisme devant la servir.

« Pour être l’ami du genre humain, pour vouloir son émancipation totale, il faut, en effet, cesser d’être patriote ; il faut aller vers l’idéal libertaire, vers la fin des Etats et des Patries, vers l’Internationale : celle qui ne portera aucun numéro, celle qui, n’étant inféodée à aucun Parti politique, abolira les frontières, supprimera les Armées, réconciliera tous les Peuples, mettra fin à la guerre, et fera de la terre la Patrie universelle. » Sébastien Faure, article “Patriotisme, Patriote” dans l’« encyclopédie anarchiste ».

  • Capitalisme :

Le capitalisme est une religion propriétaristexxi, c’est cette croyance utilitariste dans la légitimité et la toute puissance du droit de propriété privative, de l’accroissement du profit sans fin, de l’accumulation du capital et du marché libre, en parallèle d’un accroissement territorialxxii.

Cette religion s’est imposé avec violence comme les autres avec le droit sacré de la propriété privative comme base et Dieu pour tous. Ce droit appliqué à toutes les facettes de la société est une continuation des logiques théistes censé neutraliser toute activité à l’encontre de cette propriété. Les conséquences peuvent être des amendes, ou de la prison pour vol. La prison est là pour blesser l’individu dans sa chair, à une époque ce fut la mort contre ceux qui attentaient à la propriété privée de certains, ou les membres fautifs étaient coupés. C’est une pathologie créant les gangs et mafias.

L’économisme est une idéologie qui joue à la science, pour soutenir le capitalisme, comme une vérité absolue et scientifique, s’autodéfinissant spécialiste de l’économie afin de neutraliser tout point de vue non économiciste. Comme si l’économie était un domaine autonome du reste de la société, comme si l’économie était « libre » et la société aussi de décider de ce qui concerne son travail. Il y eut plusieurs prétendant capitalistes les uns se définissant de « socialistes scientifiques » les autres étant les libéraux « néoclassiques ». L‘économisme blesse aussi de nombreuses vies en imposant des règles structurelles d’État, imposant aux vivants de s’adapter à leurs diktats. Ça utilise les armes lorsque la règle économiciste imposée n’est pas accepté. Sinon ça emprisonne pour actes illégaux, voire c’est la torture (tri-pallium …) ou la mort par divers moyens lorsque c’est une dictature. Les pathologies que créé cette idéologie est d’un côté la misère, le chômage, la folie, de l’autre la richesse et la toute puissance de la monnaieLe légalisme participe à la tentative de neutralisation des actions des uns et des autres par la loi qui justifie le droit de propriété privée. C’est pour l’essentiel la voie de la raison d’État (un bras armé du capitalisme ou des autres idéologies d’ailleurs).

Le démocratisme parlementaire et l’électoralisme est une idéologie utilisée comme arme de neutralisation et de justification d’un système d’élite soit disant choisi par le « peuple ». Si tu n’es pas d’accord avec les élections (la majorité élective) alors tu es censé être contre la démocratiexxiii.

Dans le domaine public, en France, les médias sont globalement (à quelques exceptions) des outils de propagation idéologique du système capitaliste, nationaliste (apriori proprietaristes, publicités, cocorico répétitif, etc) voire théiste (fêtes chrétiennes ou autres mises en avant, alors que c’est d’après leurs lois du domaine privé).

Dans le domaine privé, au sein des entreprises, le management est une arme de gestion des « ressources » humainesxxiv ; il s’agit de neutraliser en son sein ceux / celles qui ne veulent pas se conformer aux ordres, en inventant une nouvelle manière de gestion interne avec flicage (qu’ils nomment traçabilité), sinon les blesser par des rumeurs des managers, des “on dit” ou des pressions répétées, créant des burn-out, voire en les tuant à feu doux, comme à France Telecom où le suicide a pu être que le seul recours des individus soumis à ces logiques ; l’embrigadement idéologique managériale est très puissant.

Lors de grèves générales ou de révolution sociales, le capitalisme s’est défendu par ses armes légales habituelles ou non légales comme le pot de vin ou les passe droitsxxv, les polices/milices privées, mais quand cela ne suffit pas, ils sont aidés par les franges nationalistes fascistes (Russie, Italie, Allemagne, Espagne, France, Portugal, …) ou théistes fascistes (Espagne encore).

Le capitalisme a provoqué un nombre de morts assez importantxxvi du fait de la structure que ses défenseurs défendent, et dont on verra les résultats par diverses crises économiques mondiales, comme en 29, dernièrement en 2008 et celle qui s’annonce actuellement…

Comme disait Malatesta : “avec le suffrage universel, le gouvernement est resté le serviteur de la bourgeoisie et le gendarme à son service.”

Il existe possiblement d’autres idéologiesxxvii, mais ces trois groupements idéologiques hiérarchistes que sont le capitalisme, le théisme et le nationalisme sont les principales armes idéologiques et structurelles à géométrie variable qui se soutiennent mutuellement, souvent imbriquées de manières spécifiques et locales, tout en restant concurrentes dans la course à la structuration du pouvoir.

Les violences utilisées par ces idéologies incitent à la recherche de moyens pour faire cesser ces violences. On peut parfois se poser la question de savoir si le syndrome de Stockholm n’est pas une chose très répandue, tant on peut voir ceux soumis aux violences des idéologies défendre leurs agresseurs idéologiques. Il y a évidemment les détenteurs des pouvoirs qui tiennent à garder le contrôle de cette violence idéologique institutionnelle, en propageant leur idéologie. Faire cesser ces violences implique de notre part des stratégies en adéquation avec le but d’une société sans violencesxxviii. Mais une lutte utilisant la non violence ou la violence contre les structures de ce genre de société peut être réactionnaire/conservatrice et non émancipatrice si les fondements de celles ci ne sont pas mises en question dans les actes. Le problème n’est donc pas la non-violence ou la violence, mais de savoir si le but de ces luttes ou pratiques sont réactionnaires / conservatrices ou émancipatrices !? Le système en tant que tel est conservateur et pro réactionnaire, il n’a pas pour objectif l’émancipation. Il ne peut être dissous que sous le poids d’une force émancipatrice qui le dépasse en force (violente ou non violente). Historiquement seuls des mouvements émancipateurs ont permis de se libérer des violences structurelles.

Les armes idéologiques sont utilisées dans une période de paix afin d’asseoir/de préserver celui qui aura l’usage de la force par les armes matérielles militaires ou policières. Les sociétés hiérarchiques sont violentes et guerrières car il y a une logique de prise de pouvoir permanente. Donc qui veut se battre contre une société militariste doit se battre contre les sociétés hiérarchistes.

Ils justifient leur place par le droit et par d’autres subterfuges afin d’asseoir leurs pouvoirs Étatiques. Cela amène à des compromissions sur le long terme pour que rien ne bouge, mais parfois les armes idéologiques utilisées (électoralisme, médias, théisme, populisme, nationalisme, capitalisme, crises…) permettent l’avènement plus présentes des armes matérielles.

Comme beaucoup de monde, qui ont leurs propres pensées (avec un dieu ou pas, avec un pays ou pas, avec un travail ou pas), on ne peut donc qu’être solidaires des luttes anti-hiérarchistes, non nationalistes/anti-nationalistes, non théistes/anti-théistes, non capitaliste/anti-capitaliste. Luttes contre ces relations sociales fixistes et déterministes, créant des guerres larvées ou directes. Les critiques de ces derniers sont mis à l’écart de ce monde autant que possible par les systèmes idéologiques en place, en mettant cependant en avant leurs idéologies guerrières, car ce système a besoin de continuer tranquillement les guerres de basse intensité qui utilisent ces armes idéologiques guerrières de maintien de paix armée.

La structuration militaire de leur monde

L’État est la structure sur laquelle s’appuient ces idéologies hiérarchistes afin d’asseoir leur pouvoir. On a vu dans l’histoire les accointances pouvant exister entre les diverses factions idéologiques de l’État mais aussi les diverses luttes à mort entre factions. On sait que certaines des variantes du nationalisme, du théisme, du capitalisme sont compatibles entre elles (sous leurs formes pluraliste et parfois monolithique) et que d’autres sont incompatibles (sous leurs formes unilatérale). Ce qu’on sait c’est que toutes ces idéologies dépossèdent les populations de leurs pouvoirs de définir leurs moyens d’existence, du fait que l’État est au dessus de tout. Ces idéologies organisent les informations afin que nous choisissions notre camp entre l’une ou l’autre des factions, afin que nous leur servions de pacifistes, de boucliers ou de militaires. Leur force vient de notre consentement obligé à leur ordre.

L’ONU a comme objectif de poser et d’appliquer au niveau international des règles de maintien de la « paix » et de « sécurité », ceci d’un point de vue Étatiquexxix et avec les casques bleus. L’objectif sous-jacent étant la stabilité politique et économique des régions auxquelles sont liés leurs adhérents. La réglementation dépend des pays et limite généralement les armes aux seuls représentants des structures de l’État, seuls légitimes représentants théoriques du monopole de la force armée.

L’ONU est une organisation qui a quelques pays (occidentaux) ayant le droit de veto et dont la majorité des pays enregistrés sont des dictatures et les autres sont des démocraties représentativesxxx, les décisions se prennent parfois sous influence dans les couloirs, on ne peut donc pas attendre grand-chose de ce genre d’organisation pour changer de paradigme, allant de sociétés militaristes à des sociétés sans armées, malgré les prétentions de « paix » et de « sécurité » affichées.

Pour répondre aux besoins de clients capitalistes, théistes et/ou nationalistes, le système capitaliste a développé des marchés militaires importants. Ce sont soit des clients prévoyant, méfiants ou carrément hostiles vis à vis des États voisins ou des populations sous son joug. Ces clients Étatiques ou proto-Étatiques sont prêts à payer pour leurs propre « sécurité » et la sauvegarde de leur pouvoir politique, économique ou/et idéologique, en achetant des armes « dangereuses ».

D’après le rapport SIPRI 2020 et celui d’un observatoire des armesxxxi, les plus grands producteurs et vendeurs d’armes de haute technologie sont des marchands d’armes aux États-Unis, en Russie, en Chine et en Francexxxii.
Si on regarde le financement des armes dans le monde, ce sont des marchés gigantesques rapportant des milliards d’euros, on peut comprendre que la priorité pour les tenants de ces complexes militaro-industriels soit de faire perdurer les conflits pour des histoires de territoires, de propriété privative, de dieux ou autres croyances expansionnistes mortifères. Laissant les tenants d’États utiliser les armes acquises sur les populations intérieures ou extérieures.

On peut en effet remarquer l’hypocrisie des États associés dans cette ONU, du fait que lorsqu’un des États ayant le droit de veto l’utilise à des fins d’intérêts particuliers, ça peut permettre la vente d’armes à des pays en guerre par des pays n’ayant pas le droit (selon le droit international qu’ils ont signés, par l’ONU), mais qui le font, ou qui soutiennent des annexions ou des guerres contre des civils/populations non militarisées, cela n’est aucunement sanctionné malgré leurs règles signées.

Évidemment c’est une question de rapport de force et aussi de peur de perdre la main par cette organisation. L’idée est le statu quo en ne brusquant pas leurs adhérents, en restant diplomate.
Ce n’est pas nouveau, les intentions initiales de l’ONU post seconde guerre mondiale étaient de protéger les États-nations (et leurs systèmes capitaliste et/ou théistes), tout comme son ancêtre SDN qui laissa également tomber les révolutionnaires espagnols en 36 en ne les aidant pas contre les fascistes rouge et brun (protecteurs du capitalisme, théisme, nationalisme), elle laissa donc également tomber les combattants révolutionnaires espagnols à la libérationxxxiii. Elle n’aida donc pas à la libération de l’Espagne contre la dictature de Francoxxxiv, à la différence d’autres zones sous le joug d’autres dictatures.

Actuellement, des signataires de cette paix armée (par exemple la Turquie, la Russie, la France, les USA, la Chine, l’Inde, le Brésil, Corée du Nord, L’Arabie Saoudite…) profitent d’un statut vague en son sein pour pouvoir, malgré les principes, réprimer/contrôler pour des raisons idéologiques (énoncés plus haut) la population intérieurexxxv ou extérieurexxxvi.

Les croyants des diverses idéologies en œuvre depuis quelques siècles ou millénaires ont une grande responsabilité dans tous les massacres occasionnés dans le passé et actuellement. Ils alterneront entre déni et justification de ces actes violents, et refuseront bien sûr le terme de terrorisme à leur encontre, mais c’est alors bien mal connaître leurs pratiques systémiques. Et ce n’est pas des structures internationales désuètes (ONU & statu quo) au vu du problème qui changeront cette réalité.

On peut remarquer que ce n’est pas un monde très pacifié. La raison en est simple, nous sommes sous le poids de traditions ou de structures Étatiques représentantes d’idéologies autoritaires ou totalitaires ballottés entre anciennes traditions théistes, nouvelles logiques guerrières nationalistes et capitalistes.

Ça ne peut pas donner autre chose,
ça suit la logique lorsque l’économie de pillage généralisé est la norme. Les classes travailleuses sont mises à la marge, ça mène (dans une envie de croire à quelque-chose de « positif ») à des replis identitaires capitalistes, nationalistes ou théistes, menant à des guerres plus directes, et la poursuite de la guerre de la main invisible capitaliste incitant à des replis ou à des expansions.

Ça mène aussi parfois heureusement à des révoltes, à des soulèvements populaires ou à des révolutions sociales. Nous sommes du côté des révolutionnaires de l’émancipation sociale. Eux, organisent un monde militarisé, organisons la démilitarisation de leur monde.

Une société non militariste

Bien que nous ayons la capacité de vivre selon nos besoins essentiels et de manière partagée, ceci sans armes militariste, on peut remarquer que les religions théistes, capitalistes et nationalistes ont des intérêts idéologiques ou matériels expansionnistes et privatifs trop importants pour aller dans un sens de partage et de désarmement. La culture de l’armement chez eux est diffus pour diverses raisons historiques et idéologiques. Ce sont globalement des logiques cons ervatrices, prédatrices et parasitiques, dont l’objet est le pouvoir sur nos vies. Ils veulent nous posséder.

Tenter le tri par une hiérarchisation entre les bons et les mauvais nationalistes / théistes / capitalistes est impossible, car ce sont des idéologies totalitaires qui auront des formes variées qui tendent toutes par l’imposition en douceur (avec toutes les bonnes intentions) ou en force de leur vérité.
Celles-ci veulent piller nos besoins, nos pensées, nos identités. Elles réussissent pour beaucoup du fait d’une organisation structurée hiérarchiquement, variant entre consentement (élire un maître) et/ou répression (dictature d’un maître).
Leurs logiques imposées autojustifient leur organisation.

A ton besoin des armes ? Dans l’absolu, non, c’est l’histoire humaine militariste qui fait que les armes sont devenus des outils de maintien de « paix ». Mais une paix aux ordres d’une chefferie, d’un clan, d’une caste, d’élites, d’un dieu, d’un territoire, d’une nation, d’une idéologie militariste, d’une économie militarisé… Nous n’avons pas besoin d’armes militaristes pour vivre sur cette planète. Seuls certains successeurs de ces ordres anciens dépassés font ce qu’il faut pour continuer à créer cette logique militariste, hors on sait que l’humanité cherche avant tout à ce que ses besoins soient satisfaits, d’avoir un cadre de vie où leur santé mentale et physique et celle de leurs proches soit possible. En partageant, en autogérant et en repensant nos besoins réels tout cela de manière internationale, c’est possible et souhaitable. Il n’y a donc pas besoin du militarisme (sous ses diverses formes idéologiques directes ou indirectes) déversé dans nos têtes et celles de nos enfants, mais par contre pour notre santé à venir et la leur, il faut éliminer ce militarisme qui risque de les anéantir dans des guerres qui n’ont aucun sens. Les militaristes font le nécessaire pour mettre à feu et à sang la planète, que la peur s’insinue partout, pour que rien ne bouge… Il faudra cependant combattre le feu par le contre-feu, faire la guerre à la guerre.

Nous devons instiller cette confiance en la « paix » tout court, car comme disait Durutti, avec un certain lyrisme : « Nous savons que nous n’allons hériter que de ruines car la bourgeoisie […] essaie de ruiner le monde. Mais […] nous n’avons pas peur des ruines, parce que nous portons un monde nouveau dans nos cœurs »

Il nous faut penser des armes émancipatrices pouvant donc nous libérer de leurs logiques et systèmes militaristes. Bien que la critique des armes soit importante par ce que celles-ci impliquent concrètement dans la société, et que cela paraisse évident, les armes de la critique sont certainement les armes les plus importantes à s’approprier pour lutter contre les idéologies militaristes qui sont les fondements de leur usage des armes mortelles. Évidemment, c’est important d’avoir conscience des mouvements de fond de cette société de classe, de cette société de consommation, de cette société du spectacle, afin de l’abattre idéologiquement. La connaissance des sciences sociales telles que les sociologies, les psychologies, les histoires, les philosophies, les économies, les politiques, sont des armes d’auto-défense intellectuelles et sociales indispensables qui permettent de poser les faits de la réalité des méfaits de leur monde militariste et il est important de cultiver ce savoir pour mieux se prémunir contre leur monde. L’important dans cette lutte anti-militariste est de connaître et reconnaître les manifestations de cette société militariste, les relations sociales qu’elle engendre entre humains. Les dénoncer pour ce qu’elles sont, les combattre avec des stratégies de guérilla à multiples visages et formes.

Nous connaissons la réalité de ce monde mondialisé, de ses interdépendances économiques et politiques. Nous savons qu’ils se partagent le monde sur un système hiérarchisé et auquel on devrait selon eux se soumettre. Nous connaissons les diverses méthodologies de pouvoir, entre des États Libéraux et des États Dictatoriaux, ceci variant selon les contextes historiques, économiques, politiques, idéologique mis en avant. Nous savons qu’ils pratiquent la guerre lorsqu’ils veulent faire un nettoyage social, ou un pillage sur d’autres nations. Connaissant notre Ennemi, nous savons donc que la faiblesse de celui-ci est qu’il est basé sur les pouvoirs d’État. Le point faible (et leur force) de ces organisations est l’État et les divers croyants de ses idéologies énoncées plus haut (dont celles énoncées tentant de prendre la place), si l’État ne peut plus fonctionner, leur système s’écroule et nous pouvons en venir à la réalisation de l’émancipation sociale (dans le cas où notre stratégie abolitionniste soit mise en place). Autrefois, c’était les industries, les communes et les banques nationales d’État qui étaient des points important à s’accaparer. De nos jours, ce sont toujours les industries, les communes et tous lieux de travail et de vie, ainsi que les banques, mais l’internet est désormais un point important du système au niveau idéologique mais aussi au niveau organisationnel, car le système se base désormais sur internet pour continuer son emprise.

Leurs médias mainstream (aux ordres de leurs riches financeurs), même ceux ne croyant pas l’être, du fait de leur structure même, font leur part quant à la propagation des idéologies militaristes. Mais ces médias ne sont le plus souvent que des expressions externes de la réalité vécue, pas la réalité.

Le média principal ayant toute notre attention, est celui où nous travaillons, là où nous vivons, car c’est ici que se joue ou devrait se jouer le réel média révolutionnaire où nous pouvons construire l’avenir avec les autres à hauteur humaine, où nous devrions porter notre parole et agir. Ces lieux localisés sont contrôlés, car ce sont les lieux de propriété des idéologues de tout poil, d’entreprises, de communes, de municipalités, de villes, et sans cela ils n’ont plus aucun pouvoir sur nous. Le syndicalisme et le communalisme ont pu être, à une époque, révolutionnaire, dans le sens qu’il était question de lutter contre l’organisation du capitalisme et d’exproprier ces lieux afin d’en faire des lieux de partage, de libre expression, de démocratie directe pour les uns et/ou d’anarchie pour les autres. Un moyen pour se passer du militarisme et de créer l’entente entre les peuples du monde par l’internationalisme.

Mais cela a pu se gâter à certains endroits quand il a été question de faire un consensus avec les idéologues syndicalistes et communalistes fricottant avec l’État. Le syndicalisme ou le communalisme est devenu une fin et non un moyen révolutionnaire. Le syndicalisme et le communalisme sont devenus des rouages du système, devenus un mythe (grâce notamment aux réformistes et aux bolcheviques) qui s’est répandu dans le monde entier, il est devenu un moyen de réforme et a donc perdu sa substance révolutionnaire qui permettait d’avoir une perspective d’émancipation sociale.

La perspective émancipatrice restée révolutionnaire est anarchiste et s’est concrétisée à divers moments dans l’histoire (révolution magoniste au Mexique, la maknovtchina en Ukraine russe, Cronstdat…), elle s’est aussi concrétisée dans l’Association Internationale des Travailleurs fondée à Berlin en 1922, avec des communistes anarchistes et des anarcho-syndicalistes associés. Il était question justement de ne pas être dans ces logiques de rouage des systèmes étatiques, d’être une force révolutionnaire autonome se passant du cadre Étatique et de ses idéologues. Posant un cadre libertaire où les questions essentielles des besoins, de solidarité, de partage, au sein des lieux de travail ou de vie, soient possibles directement et collectivement par les personnes concernées, ceci sans hiérarchies, et en ayant une visée internationale.

Plusieurs tentatives (l’une en Espagne, l’autre en Argentine, …) ont permis de valider et de réaliser des stratégies révolutionnaires émancipatrices, malgré les énormes répressions auxquelles ils ont eu à faire face de la part des diverses idéologies Étatistes (très nombreuses, les trois énoncées plus haut mais aussi par les syndicalistes, bolcheviques, fascistes et autres), puis finalement la défaite du fait d’un soutien militaire énorme aux Étatistes et peu d’armes pour les révolutionnaires de l’émancipation.

Les anarchistes ont toujours cherchés la « paix » tout court (dans les fins et les moyens), et c’est cela qui nous a valu la guerre larvée ou directe de ces innombrables idéologies militaristes qui voyaient en nous la mort symbolique et réelle de leur système, de leurs croyances, de leurs pillages (avoués ou cachés). Nous avons subit les propagandes, les prisons et les armées des théistes, nationalistes, capitalistes tournées contre nous. Lorsque des compagnons ont pris les armes de la critique ou matérielles pour s’auto-défendre contre les tyrans militaristes les exploitant ou/et les soumettant, les tyrans les ont attaqués pour avoir refusé le consensus de soumission avec le pouvoir en place. Certains aristo-bolcho-capitalo-fascisto-« démocrates » se targuent de bonne moralité du droit bourgeois contre ces révoltés. Il faut savoir que celleux militaristes qui prennent les armes, idéologiques ou matérielles, ne sont pas dispensés d’avoir de possibles réponses critiques ou matérielles armées de la part de ceux qu’ils tentent de soumettre à leurs armes. Régulièrement ils sont surpris que cela arrive. Mais on sait que cela va arriver de plus en plus, ils sont arrivés au bout du cycle de leur système, les problèmes écologiques qu’ils amènent avec eux pourrait être leur chant du cygne (ou le début d’un nouveau cycle religieux écologique?).

La meilleure arme est celle qui n’est pas utilisé par nos ennemis Étatistes. Mais nous ne sommes pas naïf sur ces militaristes et leurs ambitions qui se font à l’encontre de nos vies, nous imposant leur capitalisme, leur nationalisme, leur théisme, leurs guerres collectives ou personnelles, ceci de manière brutale ou douce.

Nous savons que ceux qui portent les armes matérielles aujourd’hui ne sont pas plus idiots (bien que …) que d’autres n’en portant pas. Mais les armées nationales (militaires, gendarmes, police) sont sous le poids d’influences idéologiques militaristes très prononcés (comme au sein de la société). Nous savons que l’exemplarité de nos idées et de nos actes dans l’histoire fait que ces personnes armées peuvent se retourner contre leurs employeurs, leurs haut gradésxxxvii. Nous devons encourager et faire connaître ces actes d’insubordination qui ne sont que justice (des actes individuels en leur sein pourra peut-être changer le cours de l’histoire). Mais leurs armes seront globalement braquées sur nous dès que nous voudrons commencer à vivre sans esclavage salarié, sans État. Nous devons donc nous préparer à cela pour y répondrexxxviii.

Mais la science et la technologie est accessible un peu partout, par des livres numériques, et avec un peu d’imagination leurs armes peuvent devenir inutilisables, les imprimantes 3D sont des outils qui peuvent fabriquer de nombreuses inventions pratiques.
Les réseaux internet qui peuvent leur servir à s’informer, peuvent nous informer également (fiches prêtes à servir). On ne peut attendre que de nous mêmes. Pratiquer dans un club d’auto-défense (boxe populaire, art martiaux…) permet une certaine assurance sur le terrain des luttes où on peut parfois trouver des personnes agressives. Les clubs de tirs peuvent être formateurs pour des périodes pouvant devenir plus sombres.

Nos armes sont la critique des idéologies énoncées et pratiquées, mais surtout l’exemplarité de la mise en pratique d’actions concrètes (locales ou plus étendues) émancipatrices dans la société.
Au sein d’une famille, d’une commune, d’un quartier, d’une entreprise, d’une association, d’un syndicat, tout peut changer vers une dynamique d’émancipation sociale. Beaucoup de freins existent du fait d’une propagande soutenue par les médias et sa répétition (inconsciente) exercée au sein de la société. Les religions capitalistes, nationalistes et théistes sont très soutenues. Des idées reçues, des manipulations, des rumeurs culturelles sont propagées afin d’entretenir ce qui est tenu comme « savoir ». Les pratiques démocratiques sont entendues comme juste liées aux élections et non à l’action de décision directes sans intermédiaires. Ça bloque donc pour beaucoup au niveau idéologique. Les pratiques ne rentrant pas dans ce cadre hiérarchique sont globalement réprimées. La pratique ne peut pas être très visible, c’est un travail de long terme de terrain et pour beaucoup ingrat.
Ce travail doit être tout autant anti-religieux (les trois religions/idéologies énoncées) que pratique, avec une exemplarité de fait. Le débat, les lieux de discussions, la parole publique, la diffusion des idées peuvent encourager à pratiquer nos idées. La pratique de nos idées en tous lieux permet de diffuser nos idées de manière directe. Les actes sont préférables à la parole ou l’écrit. Le contexte local détermine pour beaucoup les tactiques à adopter, mais la stratégie est la même pour tous les non Étatistes.

Nous sommes, en tant que non Étatistes dans une situation de lutte asymétrique contre les Étatistes (sous toutes leurs formes). Nous avons un monstre à cent têtes face à nous, au-delà de la lutte locale indispensable, nous avons la nécessité de nous organiser à tous les niveaux dont le niveau international. Utilisons des stratégies connues et innovonsxxxix.

Faut il être dans telle ou telle organisation anarchiste ? Dans telle ou telle organisation syndicale ? Dans telle ou telle organisation culturelle ? Dans tel ou tel média ?

Ce serait présomptueux de dire où il faut être ou pas. Tout comme dire qu’il faut être nulle part (en dehors) ou partout (en dedans). Ce qui est certain, c’est que de nombreuses organisations ne pourront jamais changer dans le bon sens du fait de leurs statuts, de leur histoire, de leur idéologie, de leur pratique et qu’il est illusoire de penser y trouver une dynamique émancipatrice possible (même dans certaines orgas dites libertaire).
Non, il faut pratiquer autant que possible localement, de faire selon ses propres tactiques, ne pas écouter des orgas ou des donneurs de leçons qui pensent tout savoir, et garder comme optique une stratégie révolutionnaire d’émancipation anarchiste.

La société qui autrefois était sous l’influence totalitaire de la religion théiste a été combattue et a permis à beaucoup de s’émanciper de celle-ci dans certaines zones du monde, mais de nouveaux religieux nationalistes et capitalistes ont pris le pas pour continuer cette société hiérarchiste, Étatiste et parfois totalitaire. Les combats du siécle dernier n’ont pu se libérer de ces nouvelles religions (la répression totalitaire a été féroce), c’est désormais ces nouvelles religions qu’il faut combattre comme autrefois, avec finesse et force. Les religieux modernes ne savent pas qu’ils croient, ils répètent l’idéologie et le monde spectaculaire qui leur ait proposé, qu’ils assimilent avec les médias globaux, comme autrefois nos ancêtres croyaient aux paroles des curés et de leurs manifestations prosélytes, et brimaient toute expression/action libre en la mettant plus bas que terre.
Posons à terre leurs idoles, utilisons les armes de la critique, les armes qui sont là tous les jours à notre portée dans nos lieux de travail ou de vie, organisons nous et associons nos forces pour nous libérer de ces religions dangereuses pour les vivants. Et si ces religions nous attaquent,
contre-attaquons !

PM



ii Lire le programme anarchiste de Malatesta en lien dans la courte introduction à l’anarchisme

iv A ce sujet, le livre de Paul Rocher : « gazer, mutiler, soumettre – politique de l’arme non létale » est à lire absolument…

xiv guerre de l’eau de Cochabamba ou au Yémen en septembre 2015 ; coupure d’eau sur des zones dépendantes à l’eau potable : août 2015 à Damas en Syrie, décembre 2015 en Syrie près d’Alep ; à Propos de l’eau

xvi Lire sur l’encyclopédie anarchiste l’article theisme

xvii Lire « Le nationalisme , une religion politique » de Rudolf Rocker

xviii Lire sur l’encylopédie anarchiste l’article nationalisme

xix Lire islamophobie et islamophilie et La fabrique du musulman “Essai sur la confessionnalisation et la racialisation de la question sociale.” de Nedjib Sidi Moussa

xxiv Lire : « libre d’obéir » de Chapoutot ; le management dans l’armée nazie repris par les entreprises allemandes, françaises ou les armées post seconde guerre mondiale

xxv Lire « le livre noir du syndicalisme » ou « histoire secrète du patronat »

xxvi Lire « le livre noir du capitalisme », même si il manque l’ajout de certaines nations nommées « communistes » et qui défendaient le capitalisme d’État comme l’URSS et ses alliés.

xxvii L’écologisme, se collant bien au théisme, au nationalisme ou autrefois le marxisme, devient bientôt une concurrente du capitalisme. Ces trois idéologies tentent toutes d’intégrer la concurrente écologiste à leur propre sauce.

xxix Notamment « Protéger les civils et leurs biens, Assurer la sécurité durant les élections, Former et Aider les forces militaires nationales »

xxx vote pour décider qui seront les maîtres du territoire soumis à l’élection

xxxiii qui pourtant aidèrent à libérer le territoire France sous le joug du fascisme pétainiste et nazi.

xxxiv D’ailleurs, même si il y avait eu accord des “victorieuses” nations à ce sujet, ça aurait été au « mieux », en Espagne, une société bourgeoise, fut elle stalinienne, qui en serait sortie.

xxxv peuples autochtones, classes travailleuses, corps des femmes, homosexuels, kurdes, gazaouis, population noire, musulmane, Ouïghours, Rohingya, les anarchistes, les Athées, ZAD, grèves, manifestations...

xxxvi Irak, Syrie, Kurdistan, Ukraine, Yémen,

xxxvii Sur la « crosse en l’air » en 1871, Lire l’Histoire de la Commune de 1871 (1896) de Prosper-Olivier Lissagaray,. Une faction de l’armée rouge en 1921 en Ukraine laissera une ouverture de sortie à l’armée insurrectionnelle makhnoviste afin qu’elle ne soit pas massacré par d’autres garnisons venus spécialement pour cela

xxxviii Le Nouveau manuel du soldat, la patrie, l’armée, la guerre. 13e édition… (Fédération des bourses du travail.) est une lecture intéressante à ce sujet.

xxxix « l’art de la guerre » de Sun Tzu, « dialectique de la guerre » de Abraham Guillén, « les 33 stratégies de la guerre » de Robert Greene, etc

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