Vive la liberté ! Vive le pouvoir anarchique !

Vive la liberté ! Vive le pouvoir anarchique !

On connaît le fameux dicton de Louise Michel « le pouvoir est maudit », mais bien que ça puisse faire penser à de la moraline, de quoi s’agit-il lorsque l’on parle de pouvoir ?

Le pouvoir peut être parfois défini comme le mal, c’est devenu parfois même un tabou. Il est donc intéressant d’en reparler sous une forme positive. Car, en tant qu’anarchiste avoir le pouvoir de faire, de dire, de décider pour soi et avec les autres me semble pourtant une base pour vivre ensemble, une base pour une société libre.

Quand on parle d’anarchie il s’agit de penser la société politique, on pense à la relation sociale de pouvoir au sein d’une société, l’idée étant une société sans autorité hiérarchique, sans pouvoir des uns sur les autres. Et c’est là le point le plus important afin de dissiper la confusion qui traîne même parmi les anarchistes, c’est que le problème, c’est le pouvoir hiérarchique et une société qui le permet et non l’autorité ou le pouvoir en tant que tel.

Pour citer Bakounine [ Dieu et l’État] :
“S’ensuit-il que je repousse toute autorité ? Loin de moi cette pensée. Lorsqu’il s’agit de bottes, j’en réfère à l’autorité du cordonnier ; s’il s’agit d’une maison, d’un canal ou d’un chemin de fer, je consulte celle de l’architecte ou de l’ingénieur. Pour telle science spéciale, je m’adresse à tel savant. Mais je ne m’en laisse imposer ni par le cordonnier, ni par l’architecte, ni par le savant. Je les écoute librement et avec tout le respect que méritent leur intelligence, leur caractère, leur savoir, en réservant toutefois mon droit incontestable de critique et de contrôle…”

Bien qu’autorité ou pouvoir soient devenus grandement synonymes de hiérarchie, même si on aimerait un monde binaire entre, liberté d’un côté, autorité de l’autre côté, hors ce n’est pas le cas dans les faits, car l’un et l’autre se complètent ou s’opposent mutuellement. Tout dépend de la nature du pouvoir. Car il y a des autorités/libertés émancipatrices et des autorités/libertés oppressives. Le choix est donc entre un mouvement d’émancipation ou d’oppression et non la liberté ou l’autorité, bien que la liberté prime sur l’autorité en ce qui concerne les libertaires.

Parlons plus concrètement :

  •  la liberté libertaire/égalitaire : la visée est un état social libéré de la hiérarchie et de l’oppression, l’autorité anarchiste consiste à organiser cette abolition de la hiérarchie dans une perspective révolutionnaire pour pouvoir organiser une société libertaire et égalitaire, à échelle humaine.
  • la liberté bourgeoise/atomiste : la visée est un état social libéré de l’absolutisme avec droit de liberté d’expression individuelle et de commercer, l’autorité libérale consiste à organiser la propriété et la hiérarchie sociale de manière légale, et si besoin de manière oppressive pour la protéger.
  • la liberté aristocratique/propriétarienne : la visée est un état social libéré de la légalité et de l’égalité, l’autorité aristocratique consiste à organiser la propriété et la hiérarchie sociale selon le mérite, les faits d’armes, le népotisme, le clanisme, le classisme et de protéger les aristocrates militairement vis à vis de la plèbe.

La liberté est l’idée, le pouvoir est la structure. Si on ne veut que l’idée (la liberté) sans nommer la structure (égalitaire, atomiste, propriétarienne), on peut espérer un illusoire mouvement social à idée libertaire/égalitaire, mais sans structuration (au minimum des propos des uns ou des autres dans des revues afin d’avoir des références communes, ou au mieux des associations de travailleurs, des organisations globalistes) qui fait autorité, ça ne portera qu’un mouvement spontané localisé, jamais de mouvement global qui s’étend. Et pourtant, la structure de pouvoir anarchiste a comme objet l’extension de la liberté dans une forme égalitaire. Ce qui limite et exclut de fait tout pouvoir hiérarchique.

Alors Liberté oui, c’est essentiel, mais pas sans relations égalitaires. Car si les relations sont aristocratiques (comme le sont/furent les léninistes et les fascistes, inspirés par les nationalistes libéraux) ou/et atomistes (comme le sont/furent les libéraux, les postmodernes ou autres penseurs de tour d’ivoire), ça n’a aucun intérêt pour le projet de structuration anarchique.
Ce sont les individus, les relations sociales entre ces individus, qui font (et parfois heureusement défont) la structure sociale qui le
s unit.

Défendons le pouvoir anarchique là où il existe, sinon créons le, même de manière imparfaite. Car seul notre action nous permettra de réaliser et étendre notre liberté libertaire et égalitaire.

Vive le pouvoir anarchique ! Vive la liberté Libertaire/Egalitaire !

PM

 

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