La réforme des retraites et les centrales syndicales

La réforme des retraites et les centrales syndicales

Si nous soutenons tous les travailleurs qui sont en grève, cela ne signifie pas que nous soutenons les centrales syndicales, bien au contraire.

Car lorsque les populations, ou une partie de la population, se soulèvent, ces centrales n’ont qu’un seul rôle : empêcher les revendications immédiates de se transformer en lutte contre le capitalisme.

Prenons par exemple la lutte actuelle (bis repetita) contre la réforme sur la retraite. Que nous disent les syndicats réformistes, la CGT en tête ? Qu’il y aurait une volonté de destruction des avantages de la retraite… Certes la réforme va être utilisée pour créer une société ultra libérale (où les syndicats garderont tout de même une place de partenaire), mais le problème c’est le système en tant que tel, qui d’années en années régule la loi pour suivre les besoins du système économique capitaliste (et son monde), la loi sur les retraites a lieu dans toute l’Europe sous d’autres formes (on peut voir que ce qui est proposé ici a déjà été réalisé ailleurs et dont les effets de pauvreté sont visibles), le fond reste le même. La loi a toujours été le serviteur du capitalisme. Ainsi combattre une loi c’est une chose et il faut le faire, mais comprendre que s’en arrêter là ne servira pas à grand chose, en est une autre. Et c’est ici que la bureaucratie syndicale de type CGT, FO, CFDT, etc, apparaît. Leur rôle est de saboter l’élan populaire pour que des révoltes restent au stade de revendications. Aucune perspective révolutionnaire…

Nous voyons donc que le principal soutien du système libéral est la direction de ces syndicats (on pourrait dire de même des partis politiques et de certaines associations). lorsque des salariés sont en lutte nous voyons régulièrement que c’est la base qui mène la lutte et que souvent ce sont les organes des directions syndicales qui ramènent le potentiel révolutionnaire au stade de simple négociation englobée sous l’égide de cette pseudo-démocratie républicaine. Ceci n’a rien d’innocent, ni rien de nouveau, la base en tant que « peuple » se dresse et la tête de la pyramide, elle, joue pour ses intérêts avec comme principale force, la soumission de la base à son autorité.

Quels sont donc leurs intérêts ? L’accélération du processus ultralibéral et inégalitaire, induit, pour le cas de la France, une réorganisation syndicale sur le modèle anglo-saxon ; les orgas syndicales voient donc d’un bon œil ce changement, puisqu’elles souhaitent prouver qu’elles seront les seuls « partenaires sociaux » du patronat. Pour cela elles se gardent bien de réclamer des améliorations des conditions de travail, elles préfèrent dire « ralentissons la casse » comprenez entre les lignes « attention, nous voulons une plus grosse part du gâteau ».

Nous voyons donc plus clair dans le grand paradoxe de ces syndicats, d’un coté ils se targuent d’être nombreux, de l’autre malgré ce grand nombre supposé, ils n’ont jamais lancé une grève générale, ou même à plus petite échelle, bloqué l’économie d’un territoire donné (ville, département, usine avec ses succursales etc) pour combattre des licenciements ou tout autre point relevant de la lutte des classes ( lutte des classes qui n’existe plus dans leurs statuts).

Une fois de plus les gens du peuple se sentiront impuissants, alors que les échecs ne viennent pas du manque de force mais bien, non pas de la trahison des élites qui eux sont en accord avec leur positions dominantes, mais parce qu’ils auront acceptés des chefs et des organes pyramidaux.

Pour nous, anarcho-globalistes, nous pensons que toutes luttes doivent s’organiser par la base, ce que nous pouvons appeler l’auto-organisation, en vu pas que de se défendre face à l’ordre bourgeois mais aussi pour dégager le capitalisme. Donc tout combat sur le terrain économique doit viser l’expropriation des richesses et l’abolition du capital, c’est à dire avoir une portée révolutionnaire.

Là il ne s’agirait pas que de se débarrasser de la réforme, mais de se débarrasser de ce monde.

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