Classe moyenne? Une impasse

Classe moyenne? Une impasse

 A longueur de débats, de discussions et d’articles de journaux, on entend cette notion de « classe moyenne » au singulier ou au pluriel, cité à tout bout de champs. A t-elle réellement un sens ? Derrière une fausseté qui se voudrait universelle, ne serait-il pas un piège pour éviter de définir et analyser correctement les classes sociales et leur antagonisme ?

 Un terme n’est jamais utilisé innocemment. Un sociologue peut très bien établir des catégories en fonction de sa recherche, mais il faut bien une cohérence, des points de départ correctes pour pouvoir avoir une pertinence. Si une étude ce consacre au secteur rural en France, elle devra définir la « ruralité », les points abordés( économique, social, relationnel ? Etc etc) et les catégories ( ou classes) utilisés pour être clair dans ses définitions. Sinon l’étude devient floue, si elle se fixe comme objet l’achat d’habits hivernaux et qu’elle mélange la population des Alpes avec la population guyanaise , cela n’a plus de sens ! Il faut un minimum d’ objectivité et d’explications.

 Le lien avec la classe moyenne est clair, dans le langage courant au quotidien et médiatique, classe moyenne regroupe tout et son contraire cela va de certains ouvriers aisés ou faussement aisés : historiquement de la classe des prolétaires ; à des professions libérales, des patrons de PME, un certains nombre de bureaucrates sans savoir exactement pourquoi celui ci plutôt que celui là : historiquement issu d’une partie de la classe bourgeoise, d’où les sous classements sont la petite bourgeoisie et une partie de la moyenne bourgeoisie. Vaste, sans réel utilité pour comprendre le champ social, regroupant trop d’écarts de revenus, trop de choses différentes, « classes moyennes » est donc un terme au servie du Capital. Les économistes au service de la Bourgeoisie l’ont bien compris, ce terme permet d’effacer la notion de lutte des classes.

 La lutte des classes en + de donner une méthode explicative des rapports d’exploitation ( l’antagonisme Capital\Travail, soit Bourgeoisie\Prolétariat, Exploiteurs\Exploités) contient un but révolutionnaire : l’abolition des classes.

 « Classe moyenne » en tant que mélasse conceptuelle n’existe que pour détruire la possibilité d’une conscience de Classe, afin de donner une illusion d’unité entre une partie des personnes qui auraient un intérêt au renversement du Capitalisme et une minorité attaché au Capitalisme, ce dernier leur permettant la domination. A l’évidence ce terme vise l’endoctrinement par le langage, car il devient très difficile de faire fasse aux exploiteurs lorsqu’on réfléchit avec les mots de ces derniers.

A travers l’histoire différents auteurs utilisent ce terme de manière parfois très différente, il ne sert pas à grand chose de faire la liste puis ce qu’ actuellement c’est l’économie ultralibéral qui détient l’utilisation et la médiatisation de « classe moyenne ». Notons seulement que très peu de théoriciens anarchistes ont écrit ce mot, et ce lorsque cela eut lieu, dans un cadre précis : un certains nombre de Professions dont les membres bien que classé dans la bourgeoisie pourraient selon leurs idées politiques ( de leur choix) être dans le camps des pauvres, c’est à dire des gens aisés qui n’exploitent pas autrui : artistes, écrivains, universitaires, médecins… Donc très loin de la « classe moyenne » au sens bourgeois.

« Classe moyenne » ce trouve aussi sous la plume d’auteurs très différents les uns des autres, toujours en terme péjoratif étant similaire de « petite bourgeoisie » avec une mentalité lâche, médiocre et porteuse du fascisme, c’est le cas notamment, entre autre, chez W.Reich dans « Psychologie de masse du fascisme » ou encore différemment chez U.Eco dans «Reconnaître le fascisme ». Ce point de vue est intéressant et mériterait aussi discussion, mais la définition est autre chez les économistes ultralibéraux puisque ce n’est pas que la petite-bourgeoisie et ils ne veulent pas cerner une mentalité basculant dans le camp réactionnaire.

Quand est il de la justification de l’économie dominante ?

Le 1er constat c’est qu’elle ne parle pas de la classe médiane, ce qui aurait signifié tout ce qui gravite autour du salaire médian ( moitié des salaires sont inférieurs, moitié supérieurs), et donc concernerait une minorité quelle que soit le classement qui viendrait ensuite. Ou alors ce qui semblerait plus cohérent selon ces propagandistes ce serait la « moyenne bourgeoisie » et donc on en revient au constat qu’il y a un endoctrinement pour faire croire à une partie du peuple qu’il aurait un intérêt commun, qu’ils serait identique avec la « moyenne bourgeoisie » dominante et exploitante.

2ème constat : La classe moyenne serait un classement en fonction du « niveau de vie ». Ici encore cela ne tient pas. Déjà nous apprenons qu’il y aurait des niveaux dans la « vie » comme une échelle à escalader, c’est de la philosophie morale , loin des calculs précis si chers aux économistes. Faisons l’impasse sur cette découverte de 1ère importance sur le sens de la vie qui nous est balancé comme allant de soi sans explication, et regardons. Il est possible de chiffrer un grand nombre de chose liés au besoins matériels et d’accès aux services créant ainsi une autonomie individuelle permettant d’être moins dépendant des données physiques, biologiques. Mais ici l’économie bourgeoisie parle de « vie », comment pourrait-elle, par quel tour de passe-passe, par quel renversement scientifique quelconque, pourrait-elle quantifier et définir économiquement des choses essentielles à la vie tel que « l’Amour », »l’Amitié »,  « la solidarité », « la Joie » etc. S’ il est possible de dresser des tableaux et des statistiques par rapport à l’accès aux soins, c’est un tout autre problème de corréler le « niveau de vie » avec la Santé, un individu peut très bien être riche et lui manquer les 2jambes, de là comment classer vis à vis d’un individu jeune, en pleine forme et au SMIC ? Idem il n’y a aucune corrélation ni causalité entre l’amour des parents envers leurs enfants et ce que l’économie nomme « le pouvoir d’achat », les riches ne sont pas des « meilleurs » parents sous prétexte qu’ils peuvent acheter la dernière BMW pour les 18ans de leur gamins. Ceci n’ai que de la morale crasse et mensongère au service de la Bourgeoisie.

Les statistiques peuvent éclairés mais ne disent rien de +, n’expliquent rien, nous apprend rien sur « la Vie ». Et pourquoi se permettraient-ils de dire « tout ça là, grâce à notre pirouette avec les chiffres, on dit que c’est la classe moyenne ».

C’est un travail volontairement falsifié. La seul raison qui explique cela, car ces économistes ne font rien de manière innocente et sans réfléchir, c’est la raison idéologique. Leur regards et leurs travaux se fixent sur la société de consommation, la marchandisation, pour définir et sous-entendre que tout dépend des valeurs du Capital.

La vrai question à ce poser est : que devons nous faire avec cette classification?

Nous pouvons la rejeter. Car nous avons vu qu’elle est totalement floue vis à vis de la réalité et des rapports de classes, qu’elle sert les intérêts de l’ultralibéralisme en, notamment, se basant vaguement sur les rapports vis à vis de la consommation. Il faut donc toujours remettre en cause cette définition comme étant un produit propagandiste, pour faire comprendre l’opposition de classes.

Mais il ne faut pas ignorer que, le discours accepté par une partie de la population, fait qu’un certains nombre s’identifie au classement des dominants. A partir de là en fonction de cette croyance de départ -croyance puisque non réfléchit et accepté grâce à l’influence de l’environnement sociale et médiatique- nous pouvons cerner une fraction des comportements de masse. Et nous pouvons affirmer que l’ensemble des personnes se considérant « classes moyennes » et répondant aux désirs du tout consommable de la société marchande, sont les alliés objectifs du maintient du système de classes sociales et ce, en utilisant une définition masquant l’antagonisme réel de Classes. Ainsi elle est potentiellement et occasionnellement utile, malgré sa fausseté conceptuelle, pour pouvoir comprendre le devenir possible de la société à travers une frange , certes floue et incohérente mais non négligeable, de la population.

                                                                                                                         Torcy

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