La propriété privée, exclusive, absolue

La propriété privée, exclusive, absolue

Au sein de ce système, il y a des idées structurantes qui sont là au quotidien et qui ne sont plus questionnées, la propriété est une de ces idées.

D’un point de vue scientifique, la propriété d’une chose est par définition une “Qualité propre de quelque chose qui la distingue d’autre chose” (larousse).
C’est une définition générale pour laquelle on a pas grand chose à dire, c’est factuel et immanent aux choses. Une chose peut se distinguer d’une autre, une pomme n’est pas un ver de terre, l’eau se distingue du vin, etc. les catégories diverses peuvent s’associer ou se différencier. Nommer les choses pour pouvoir différencier les éléments pouvant nous faire vivre et d’autres pouvant nous tuer (malgré des différences ou similitudes légères) a été une évidence et une nécessité. Les mots sont importants, mais l’utilisation des mots et des choses n’est pas toujours politiquement neutre lorsqu’il s’agit de définir une propriété à une chose.

Selon le contexte, la survie des humains a pu mener, au delà de connaître la propriété immanente des choses (et à leur usage), à l’appropriation politique d’une ou des choses (plantes, animaux non humain, humains, territoires …) comme une propriété privant d’autres de cette chose (définition de propriété privée: “Droit d’user, de jouir et de disposer d’une chose d’une manière exclusive et absolue” -larousse-). On se basera sur ce type de propriété privative, absolue et exclusive, lorsqu’on définira ici propriété ou propriétaire (vol, voleur, pillage, pilleur seraient d’autres mots pour définir cela) et il ne sera pas question de la propriété scientifique des choses.

Le problème de la propriété sous sa forme privative est en effet que d’un point de vue idéologico-politique ça pose ses propres règles absolues de propriété sur les choses, par du pillage/vol historique, par droit historique (héritage / monnaie / dette : lire “dette : 5000 ans d’histoire” de david graeber), par droit d’État. Cette zone m’appartient, ce ruisseau m’appartient, le monde m’appartient, les pensées des autres m’appartiennent, la vie des autres m’appartiennent, cette chimie m’appartient, etc.
On comprend tout de suite que la propriété, de ce point de vue, amène des problématiques de pouvoir chez les humains, que ça créé des conflits/guerres systémiques (et dont la seule guerre valable est d’abolir cette propriété). Il ne s’agit plus d’usage mais d’abus organisé.

On peut donner quelques exemples de ce que cette “propriété” a pu produire comme relations idéologico-politiques des humains aux choses ou aux autres :

– Le patriarcat croit que l’homme est supérieur et propriétaire de sa femme, de ses enfants et de tout le reste.
– Le théisme croit que le Dieu unique ou les dieux multiples sont propriétaires de tout ou de parties de l’existant.
– L’anthropocentrisme (rejeton des théismes) croit que l’humain, en tant qu’espèce supérieure, est propriétaire des ressources de la planète terre.
– Le capitalisme (rejeton du théisme et de l’anthropocentrisme) croit qu’un individu (ou un groupe) a le droit absolu de propriété sur une parcelle de monde, dont sur ceux vivant dans cette parcelle (animal, salarié ou esclave).
– Le nationalisme (rejeton des précédents) croit qu’un peuple, à travers ses élites et ses mythes guerrier, est propriétaire d’un territoire de la planète terre et qu’il lui appartient à lui seul.

On sait que les idéologies énoncées ont toutes des structures hiérarchiques identiques de type religieuses, et maintenant on sait que la propriété est le socle sur lequel repose leurs fondations.

La guerre généralisé étant la règle de leur monde de propriété, il est difficile d’échapper aux conditions et règles réelles fixées par leur monde. Bien que tout soit fait afin que chacun lutte contre l’autre et/ou ne lutte que pour soi et s’indiffère des autres, il y a une réalité de société de classes et une guerre sociale entre les propriétaires et les prolétaires, entre les gouvernants et les gouvernés, entre les dominants et dominés, et autres guerres sociales. L’objectif est l’abolition des classes sociales, et, pour cela, une double dynamique d’émancipation s’impose, abolir d’abord l’impuissance que nous impose les classes dominantes (par la critique active des idéologies qui conditionnent) et abolir les structures de leur pouvoir (la propriété privative, exclusive, absolue).

Il y a des manières d’envisager l’existant et les biens matériels autrement que par l’exploitation privative, exclusive et absolue de la propriété sur les choses.

Plusieurs penseurs et praticiens de l’émancipation sociale ont envisagés cela par des relations autres aux autres vivants, à l’existant (sans religions) et en concordance avec des modèles organisationnels avec des perspectives mutualistes/coopérativistes, collectivistes puis communistes.
Les divers modèles ont leurs spécificités, leurs contextes et parfois leurs limites, mais le dernier modèle, communiste anarchiste, est certainement le modèle le plus intéressant et en adéquation avec une société libertaire et égalitaire. Celui-ci a posé le lien réel existant entre référencement des besoins et réponse par l’organisation sociale des moyens de productions sans qu’une chose appartienne à une quelconque entité supérieure, l’usage partagé étant la règle.

Le moyen révolutionnaire de l’expropriation est à exercer partout où les idéologies de la propriété privative s’insinuent.
Mettons à terre les idéologies et structures privatives basées sur des dieux propriétaires, sur des humains propriétaires, sur des nations propriétaires, sur le capital propriétaire, sur le patriarcat propriétaire. Rien n’a à être privatisé pour une quelconque entité supérieure. Toutes ces idéologies inventées par les humains afin de justifier la privatisation de territoires (petits ou grands), afin de justifier des entitées supérieures, afin de justifier la hiérarchie sociale, afin de justifier leur pouvoirs ; Toutes ces idéologies sont des illusions qu’ils imposent dans l’idée de soumettre les autres humains et les choses à leur diktat. Prenons garde de ne pas aller dans le sens des idéologies anti-sociales à la mode du type “écologie profonde” qui tend à vouloir créer une nouvelle hiérarchie mettant la nature au dessus de tout.

Les moyens d’émancipation sociale en notre possession, au delà de la critique nécessaire de ces idéologies et de leurs structures, sont dans la mise en pratique d’actions directes émancipatrices notamment vis à vis de leurs structures idéologiques obligatoires (États, écoles, églises, armées, entreprises, mariage, etc).

Portons la critique et les pratiques de libération là où ils avancent !
Libérons nous de leurs propriétés et de leurs idéologies !

 

PM

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